Europe: Fin du financement des énergies fossiles?

En 2018, la Banque européenne d’investissement a fourni 2,5 milliards d’euros pour des projets dans le domaine des énergies fossiles, dont l’essentiel a été consacré aux gazoducs.
Photo: Tobias Schwarz Agence France-Presse En 2018, la Banque européenne d’investissement a fourni 2,5 milliards d’euros pour des projets dans le domaine des énergies fossiles, dont l’essentiel a été consacré aux gazoducs.

La Banque européenne d’investissement (BEI) songe à cesser d’ici la fin de 2020 le financement d’énergies fossiles, un plan dévoilé vendredi, salué par les ONG mais qui doit encore être approuvé par les 28 pays de l’Union européenne (UE).

Au lendemain d’une canicule sans précédent en Europe, symptôme sans équivoque du réchauffement de la planète, la BEI, bailleur de fonds de l’Union, basé au Luxembourg, a dit vouloir « accroître son soutien à la transition énergétique dans l’UE ». Dans une vidéo publiée vendredi sur Twitter, l’Irlandais Andrew McDowell, l’un des huit vice-présidents de la BEI, a estimé qu’arrêter de financer les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) était « conforme aux engagements pris par l’Europe lors de l’Accord de Paris sur le climat ».

S’il est approuvé par les 28 de l’UE, ce projet serait un revirement total de la politique de la BEI : en 2018, la Banque a fourni 2,5 milliards d’euros pour des projets dans le domaine des énergies fossiles, dont l’essentiel a été consacré aux gazoducs.

« Un rayon de lumière »

Ce projet a aussitôt été salué par la branche européenne de l’ONG américaine Friends of the Earth. « C’est un rayon de lumière dans l’obscurité », a déclaré un de ses membres, Colin Roche, dans un communiqué. « Pendant que l’UE et les gouvernements nationaux pataugent et que la planète brûle, la banque publique de l’UE a fait la proposition courageuse, correcte et juste d’arrêter de financer des projets dans le domaine des énergies fossiles », a-t-il ajouté.

Ce virage vert proposé par la BEI survient dix jours après une promesse faite par la future présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, de transformer la BEI en une « banque du climat » afin de soutenir une politique plus verte.