Cuda Energy vend tous ses actifs québécois

Les acquéreurs assumeront toutes les responsabilités environnementales.
Photo: Junex Les acquéreurs assumeront toutes les responsabilités environnementales.

Une croix semble être mise sur l’aventure pétrolière gaspésienne. Moins d’un an après son regroupement avec Junex, Cuda Energy annonce la vente de tous ses éléments d’actifs pétroliers et gaziers au Québec. Le nom des acquéreurs n’a pas été dévoilé. Tout au plus Cuda précise-t-elle qu’ils sont sans lien de dépendance.

Dans la transaction annoncée mercredi, un jour avant l’assemblée générale et extraordinaire des actionnaires de Cuda, l’Albertaine cède « tous ses droits pétroliers et gaziers du Québec, ce qui comprend tous les permis fonciers, les licences, les droits de production et les intérêts dans la province, ainsi que tous les actifs corporels, y compris les équipements de forage et les équipements liés aux actifs ».

Elle est évaluée à près de 10,6 millions, comportant une contrepartie en espèces de 4,3 millions.

Les acquéreurs assumeront toutes les responsabilités environnementales, notamment les obligations d’abandon et de remise en l’état, évaluées à 3,2 millions. Cuda traîne également dans ses états financiers une réclamation de 3,1 millions liée à l’exercice d’un droit de dissidence exprimé par un actionnaire détenant 875 000 actions lors du regroupement avec Junex en août 2018. Les acquéreurs prendront des mesures pour que Cuda en soit libérée et dégagée, lit-on dans le communiqué.

Au terme de ce regroupement annoncé le 15 août dernier, Junex passait aux mains de l’entreprise albertaine sous la forme d’un échange d’actions 10 pour 1. Cette transaction avait reçu l’aval de 98,9 % des actionnaires de Junex.

10,6 millions
C’est le montant auquel la transaction est évaluée.

Dans ses états financiers en date du 31 mars 2019, Cuda accolait une valeur de 28 millions à ses principaux éléments d’actif au Québec. Son projet le plus avancé, soit le site Galt situé à l’ouest de Gaspé, a été l’objet d’un Avis de projet, déposé le 30 novembre, et d’une directive du ministère de l’Environnement, le 20 décembre. Depuis, rien.

Dans les états financiers, il est rappelé que le gouvernement québécois a modifié sa loi sur les hydrocarbures le 6 juin 2018, avec prise d’effet le 20 septembre, bannissant entre autres la fracturation hydraulique dans l’exploration et l’exploitation du schiste au Québec. L’évaluation de l’impact de ce changement législatif n’étant pas terminée, la valorisation de l’actif concerné n’a pas été ajustée, écrivait Cuda.

Ressources Québec avait annoncé le 4 août 2017 un investissement de 8,4 millions dans Galt, lui attribuant un intérêt de 17 % dans les propriétés conjointes composant ce projet pétrolier et gazier. Avant cette transaction, la filiale d’Investissement Québec détenait près de 16,5 % des actions émises et en circulation de Junex. Dans son rapport annuel de l’exercice clos le 31 mars 2019, Investissement Québec chiffre sa participation dans Cuda à 3,5 %.

L’action de Cuda a clôturé jeudi à 50 ¢, ce qui lui confère une capitalisation boursière de 11 millions sur la base des actions en circulation.