Saguenay veut des douanes aéroportuaires complètes

Les services de dédouanement actuellement offerts pour les vols commerciaux à Saguenay-Bagotville correspondent aux vols dont le nombre de passagers, y compris l’équipage, est d’au maximum de 30.
Photo: Darren Calabrese La Presse canadienne Les services de dédouanement actuellement offerts pour les vols commerciaux à Saguenay-Bagotville correspondent aux vols dont le nombre de passagers, y compris l’équipage, est d’au maximum de 30.

Engagée dans un projet majeur de réfection de l’aéroport de Bagotville, Saguenay revient à la charge et fait de l’obtention d’un service de douanes complet et permanent un dossier prioritaire.

L’annonce de l’agrandissement des installations à l’aéroport Saguenay-Bagotville est venue le 25 juin. Le projet repose sur une enveloppe de près de 21 millions de dollars, bénéficiant d’une aide allant jusqu’à 6,3 millions du gouvernement du Québec. Le gros du chantier comprend l’agrandissement et le réaménagement de l’aérogare, avec notamment un agrandissement de 30 % de sa superficie.

Selon le gestionnaire des installations, l’aérogare construite en 1967 ne répond plus aux besoins de la région, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, devenue un rendez-vous touristique quatre saisons attirant près de 1,2 million de visiteurs annuellement. « De plus, avec la présence de plusieurs grands projets de développement économique à Saguenay, les besoins en matière d’accessibilité aérienne ne font qu’augmenter. »

Dans le communiqué accompagnant l’annonce, le caquiste François Tremblay a parlé d’un nouvel aéroport d’« envergure internationale », incitant à « poursuivre notre quête en vue de l’obtention d’un service de douanes permanent à Saguenay ». Un souhait qui existe de longue date.

« La Ville de Saguenay a la volonté d’obtenir un service de douanes permanent et elle en fait un dossier prioritaire. Nous faisons les représentations nécessaires auprès des élus concernés », répond Cindy Girard, conseillère en communications et en relations médias au cabinet de la mairesse Josée Néron, en réponse à un courriel du Devoir. « La rénovation majeure de notre aérogare est un élément important qui nous aidera dans nos démarches puisqu’un espace est prévu pour accueillir les douanes et notre infrastructure sera remise au goût du jour. »

Actuellement, Saguenay-Bagotville est l’aéroport régional le plus actif au Canada en matière de vols vers les destinations soleil, souligne Promotion Saguenay. « Toutefois, n’ayant pas de liaisons internationales disponibles actuellement, les visiteurs internationaux doivent multiplier les moyens de transport afin d’accéder à notre région. »

Avec 121 000 passagers comptabilisés en 2018, les vols vers le Sud comptaient pour 17 % des départs et arrivées. Sunwing, avec son premier vol lancé en 2006, est le seul à y offrir des vols internationaux. Air Transat a quitté Bagotville en 2014, après six années de liaison, pour revenir en 2016-2017, puis repartir, faute de rentabilité. Sunwing y exploitait six départs par semaine, en 2018-2019, une fréquence devant être ramenée à quatre l’hiver prochain en raison des difficultés touchant les Boeing 737 MAX. Sunwing parle d’une desserte rentable, mais a déjà chiffré, dans le Quotidien de Chicoutimi, à entre 16 000 et 18 000 $ le coût de chaque atterrissage à Québec pour effectuer le service de douane.

À l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Véronique Lalime, conseillère en communications, rappelle que les services de dédouanement actuellement offerts pour les vols commerciaux à Saguenay-Bagotville reçoivent la désignation AOE30, attribuée aux vols dont le nombre de passagers, y compris l’équipage, est d’au maximum de 30. Chaque demande de changement de désignation est étudiée au cas par cas. « C’est le cadre stratégique sur les services aériens qui détermine les critères pour établir le niveau de service. Tous les critères doivent être remplis pour que l’ASFC prenne en compte une demande », ajoute-t-elle. Le demandeur doit obtenir des points pour chacun des critères touchant le volume annuel soutenu de voyageurs internationaux, l’accès au point de service de l’ASFC le plus près et la fréquence des vols internationaux ordinaires.