L'affaire du 737 MAX pèse lourdement sur les comptes de Boeing

Depuis mars, tous les avions Boeing 737 MAX de la planète sont immobilisés.
Photo: Stephen Brashear Getty Images North America via Agence France-Presse Depuis mars, tous les avions Boeing 737 MAX de la planète sont immobilisés.

Le constructeur aéronautique Boeing a annoncé jeudi que les déboires de son avion vedette 737 MAX vont amputer son chiffre d’affaires et bénéfice avant impôts du deuxième trimestre à hauteur de 5,6 milliards de dollars. Le géant aéronautique a indiqué dans un communiqué qu’il va provisionner 4,9 milliards pour couvrir les frais occasionnés après deux accidents du 737 MAX qui ont fait 346 morts et l’immobilisation de tous les appareils de ce type dans le monde depuis mars.

Boeing estime que cet avion pourrait reprendre ses vols au début du dernier trimestre de cette année, mais il reconnaît que c’est loin d’être certain. « Cette assertion reflète la meilleure estimation de l’entreprise à ce jour, mais l’exacte période de retour en service pourrait diverger de cette estimation », prévient le groupe de Chicago. L’avionneur avait déjà estimé à 1 milliard le coût de la crise du 737 MAX entre mi-mars et mi-avril. Mais les experts et les observateurs s’attendaient à ce que ce montant s’envole au vu des indemnisations des compagnies aériennes ayant annulé des dizaines de milliers de vols. Boeing est également attaqué en justice par des familles de victimes des deux accidents — un d’Ethiopian Airlines (157 morts) et un de Lion Air (189 morts) — et a pris les devants en s’engageant à leur verser 100 millions.

La charge de 4,9 milliards va servir à indemniser les clients affectés par la crise et comprend aussi bien des indemnités financières que des rabais que Boeing pourrait accorder aux compagnies aériennes ou des échanges de modèles d’avions. Outre cette charge, Boeing va également devoir supporter une hausse de 1,7 milliard des coûts du 737 MAX, liée principalement à une réduction des cadences de production, qui sont passées de 52 à 42 appareils par mois depuis l’immobilisation de l’avion. Le constructeur aéronautique a toutefois fermé la porte à une nouvelle baisse de sa production, affirmant s’attendre à remonter à 57 appareils par mois en 2020.