Tensions commerciales: l’économie chinoise en prend un coup

Pour soutenir son économie, Pékin s’est engagé en mars à réduire la pression fiscale et sociale sur les entreprises.
Photo: Associated Press Pour soutenir son économie, Pékin s’est engagé en mars à réduire la pression fiscale et sociale sur les entreprises.

Simple trou d’air ou phénomène durable ? Au moment où Pékin et Washington ont repris le dialogue sur la guerre commerciale, la Chine a dévoilé vendredi des chiffres moroses pour son commerce extérieur au mois de juin.

Les exportations du pays ont dégringolé sur un an le mois dernier (–1,3 %). Elles avaient pourtant bien résisté en mai (+1,1 %) en dépit de nouvelles surtaxes douanières frappant de nombreux produits chinois exportés vers les États-Unis. Quant aux importations, elles ont poursuivi leur repli (–7,3 %) de manière bien plus prononcée que ce qui était attendu par des experts interrogés par l’agence Bloomberg (–4,6 %).

« La contraction des exportations vers les États-Unis s’est accentuée le mois dernier » sous l’effet de nouvelles surtaxes douanières américaines, relève Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics. Dans un contexte de durcissement des tensions commerciales avec Pékin, Washington a décidé en mai de faire passer ses droits de douane de 10 à 25 % sur 200 milliards de dollars de biens chinois. La Chine a riposté en imposant le 1er juin de nouvelles surtaxes douanières sur plus de 5000 produits américains.

 
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C’est la diminution des importations en Chine au mois de juin.

Les exportations sont un des piliers de l’économie du géant asiatique, qui a fait face en juin à une demande intérieure en berne. « Un nouveau ralentissement de la demande intérieure devrait peser sur le volume des importations pour le reste de l’année », prévient M. Evans-Pritchard.

Soutien aux exportateurs

Dans un contexte difficile, le premier ministre chinois, Li Keqiang, a appelé cette semaine à renforcer le soutien aux entreprises tournées vers l’export à l’international et promis des allégements fiscaux. Pour soutenir son économie, Pékin s’est engagé en mars à baisser de près de 2000 milliards de yuans (397 milliards $CAN) la pression fiscale et sociale sur les entreprises. Les banques ont également été encouragées à gonfler leurs prêts aux petites entreprises, jusque-là délaissées au profit des grands groupes publics. Mais ces mesures surviennent au moment où les autorités cherchent à lutter contre le surendettement incontrôlé qui menace son système financier.

Alors que les discussions pour mettre fin à la guerre commerciale viennent à peine de reprendre, Donald Trump a accusé jeudi la Chine de ne pas acheter des produits agricoles américains, comme Pékin s’y était engagé, selon lui. « La Chine n’a pas tenu parole, elle n’a pas acheté les produits agricoles de nos superfermiers comme elle s’était engagée à le faire », a écrit sur Twitter le milliardaire républicain. « J’espère qu’elle le fera bientôt », a-t-il néanmoins ajouté.

Les discussions entre Américains et Chinois pour mettre fin à leur guerre commerciale ont été relancées — après un brutal coup d’arrêt en mai — lors d’un sommet entre M. Trump et son homologue Xi Jinping en marge du G20 d’Osaka fin juin. M. Trump avait indiqué à l’issue du sommet qu’il avait accepté de geler l’instauration de droits de douane punitifs sur les 300 milliards de dollars d’importations de produits chinois qui ne sont pas encore surtaxés.

Les exportations chinoises « continueront à rester sous pression » en dépit de la trêve, a toutefois ajouté l’économiste d’Oxford Economics Tommy Wu.