Une baisse des taux par la Fed pourrait être imminente

Le président de la Fed, Jerome Powell, estime que le salaire moyen des travailleurs n’augmente pas assez vite pour faire accélérer la faible inflation, même avec un taux de chômage près de son niveau le plus bas en cinq ans.
Photo: Patrick Semansky Associated Press Le président de la Fed, Jerome Powell, estime que le salaire moyen des travailleurs n’augmente pas assez vite pour faire accélérer la faible inflation, même avec un taux de chômage près de son niveau le plus bas en cinq ans.

Le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Jerome Powell, a indiqué mercredi que la banque centrale pourrait réduire les taux d’intérêt vers la fin du mois pour la première fois depuis dix ans, en raison de l’affaiblissement de l’économie mondiale et de la hausse des tensions commerciales.

Dans son rapport semestriel au Congrès, M. Powell a indiqué que, depuis la réunion des responsables de la Fed, le mois dernier, « les incertitudes entourant les tensions commerciales et les inquiétudes quant à la vigueur de l’économie mondiale continuaient de peser sur les perspectives économiques américaines ». En outre, l’inflation annuelle a retraité davantage sous le niveau cible de la banque centrale.

Les remarques de M. Powell ont entraîné une reprise des marchés boursiers, l’indice new-yorkais S&P 500 ayant même momentanément franchi le cap des 3000 points pour la première fois de son histoire.

Des économistes ont estimé que le message de M. Powell faisait de la réduction des taux d’un quart de point une quasi-certitude lors de la réunion de la Fed prévue plus tard en juillet, de nombreux autres prévoyant d’autres baisses de taux dans les mois à venir.

Le taux de référence de la Fed se situe actuellement dans la fourchette entre 2,25 % et 2,50 %. La banque centrale a relevé ses taux quatre fois l’an dernier — ce qui a incité le président américain, Donald Trump, à verbaliser des attaques publiques contre M. Powell.

La Fed, une menace

M. Trump, qui compte sur la vigueur de l’économie pour sa campagne de réélection, a déjà identifié la Fed comme sa plus grande menace. Il soutient que la banque centrale a commis une grave erreur en resserrant le crédit l’an dernier et qu’elle devrait maintenant réduire ses taux. M. Trump a fait valoir que les hausses de taux de l’an dernier avaient freiné la croissance économique et le marché boursier.

Dans le texte de ses remarques préparées, M. Powell ne mentionne pas les critiques du président. Il remercie le Congrès pour « l’indépendance » qu’il accorde à la Fed, lui permettant de fonctionner sans intrusion politique.

À l’heure actuelle, le paysage économique américain est contrasté : le marché du travail semble résilient, mais la croissance économique ralentit. De nombreux prévisionnistes s’attendent à ce que la croissance du trimestre d’avril à juin montre un ralentissement à un taux annuel d’environ 2,0 %.

Dans son témoignage, M. Powell a affirmé que l’économie s’était relativement bien comportée au cours du premier semestre de l’année. Mais il a noté que « des courants croisés, tels que les tensions commerciales et les préoccupations concernant la croissance mondiale, ont pesé sur l’activité économique et les perspectives ».

Il a ajouté que la croissance de l’investissement des entreprises « semblait avoir considérablement ralenti », probablement en raison des préoccupations liées au ralentissement de la croissance mondiale et au conflit commercial entre le gouvernement Trump et la Chine.

Le président de la Fed a indiqué au comité de la Chambre des représentants qu’il estimait que le salaire moyen des travailleurs n’augmentait pas assez vite pour faire accélérer la faible inflation, même avec un taux de chômage près de son niveau le plus bas en cinq ans. L’absence de pression inflationniste facilite la réduction des taux à court terme par la Fed.

La Fed n’a pas réduit ses taux depuis 2008, au plus fort de la crise financière.