La Coop fédérée achète F. Ménard

F. Ménard revendique une production annuelle oscillant autour de 1,1 million de porcs élevés dans plus de 300 fermes au Québec.
Photo: Gerry Broome Associated Press F. Ménard revendique une production annuelle oscillant autour de 1,1 million de porcs élevés dans plus de 300 fermes au Québec.

Objet de rumeurs depuis octobre, la transaction a été officialisée mardi par voix de communiqué. La Coop fédérée se porte acquéreur des éléments d’actif de F. Ménard dans le secteur du porc et des meuneries. L’entreprise familiale revendique 15 % de la production porcine au Québec.

Le directeur général, Luc Ménard, parle d’une décision prise au terme d’une longue réflexion stratégique. La décision de vendre l’entreprise vieille de 60 ans « s’est avérée la solution optimale afin d’assurer un avenir prometteur à F. Ménard ». […] Quant au choix de la Coop fédérée, « il s’agit d’un acheteur qui, tout en disposant de racines profondes au Québec, jouit d’une présence de plus en plus importante au Canada et offre une expérience unique des rouages de la transformation agroalimentaire et de ses marchés, ici et dans le monde », peut-on lire dans le communiqué.

La Coop fédérée, et ses divisions Olymel et Sollio Agriculture, annonce l’acquisition des éléments d’actif de F. Ménard dans le secteur du porc et des meuneries. L’entreprise de l’Ange-Gardien, qui emploie 1200 personnes, est également impliquée dans la production de volailles, mais ces activités ne font pas partie de la transaction, ajoute-t-on.

Dans le secteur porcin, les activités, regroupées sous Olymel, vont de la génétique à la mise en marché, « de la naissance à l’assiette », dit-on. F. Ménard revendique une production annuelle oscillant autour de 1,1 million de porcs élevés dans plus de 300 fermes, ce qui représente plus de 15 % de l’ensemble de la production québécoise. Outre les fermes, ce portefeuille comprend deux établissements d’abattage, une usine de surtransformation spécialisée dans la production de bacon, une flotte de transport et deux commerces spécialisés dans le domaine de la boucherie.

Dans le secteur meuneries, regroupé sous Sollio Agriculture, la production annuelle dépasse les 500 000 tonnes métriques. Elle implique deux meuneries et des installations destinées à l’entreposage et au séchage des grains.

« Cette transaction, dont le montant ne sera pas divulgué, est soumise à l’approbation du Bureau de la concurrence. D’ici là, les entreprises […] ne feront aucun autre commentaire que ceux contenus dans ce communiqué », précisent-elles.

Cette transaction, ébruitée en octobre dernier, est demeurée sous forme de rumeur persistante dans le monde agricole depuis. Une transaction évaluée à plus d’un milliard avait même été avancée par des observateurs de l’industrie. On évoquait alors une capacité d’abattage excédentaire chez Olymel et un contexte favorable à la consolidation dans l’industrie et au regroupement des entreprises. Olymel situait, mardi, l’union de ces forces dans une conjoncture compétitive « de plus en plus vive, notamment sur les marchés internationaux ».

Les éleveurs de porc du Québec avaient, quant à eux, rappelé en octobre qu’ils éprouvaient un manque de liquidités en raison de la chute des prix et d’une stagnation de la production, rendant difficile l’obtention de marges bénéficiaires permettant un réinvestissement dans leurs installations.

S’ajoutent depuis peu les blocages de la Chine sous forme de suspension de permis d’exportations, liés pour l’instant à des enjeux d’inspection douanière. L’on retient que 70 % de la production de porc est destinée à l’exportation et dirigée vers quelque 80 pays. Parmi eux, la Chine, dont l’importance du marché pour les producteurs québécois se chiffrait à 283 millions de dollars en 2018.