La nouvelle zone de libre-échange africaine sera un «pont» vers la paix

Le président nigérian Muhammadu Buhari s'apprête à ratifier l'accord de création de la Zone de libre-échange continentale africaine.
Photo: Issouf Sanogo Agence France-Presse Le président nigérian Muhammadu Buhari s'apprête à ratifier l'accord de création de la Zone de libre-échange continentale africaine.

La Zone de libre-échange continentale (ZLEC) africaine, lancée dimanche lors du sommet de l’Union africaine (UA) à Niamey, peut être un pont vers la paix, a déclaré lundi à l’AFP Amina Mohammed, secrétaire générale adjointe des Nations unies.

« La ZLEC est partie intégrante de ce que nous devons faire pour commencer à construire des ponts pour la paix. Parce qu’il faut trouver des solutions pour l’immense cohorte de jeunes, dont la plus grande partie est pauvre et non qualifiée. Nous leur devons ça », estime Amina Mohammed. Avec 1,2 milliard de personnes, la ZLEC doit devenir le plus grand marché mondial et donner un coup de fouet à l’ensemble des économies africaines, espèrent les dirigeants africains. « Il y a un continent en mouvement. Il est important maintenant de passer de ce que l’on dit à ce que l’on fait », a ajouté Mme Mohammed.

La responsable de l’ONU souligne qu’une des « racines du terrorisme » est « l’exclusion des jeunes sans espoir, avec des structures gouvernementales qui ne marchent pas et des économies qui ne les incluent pas ».

Il faut trouver des solutions pour l’immense cohorte de jeunes, dont la plus grande partie est pauvre et non qualifiée. Nous leur devons ça.

 

Amina Mohammed estime que même si l’objectif de l’UA d’arriver à une paix en Afrique en 2020 paraît difficile, « il faut travailler intensément à faire taire les armes ». « “Ça semble toujours impossible jusqu’à ce que ce soit fait”, disait Mandela. J’y crois. Il y a plus de chances de réaliser la paix aujourd’hui. Les jeunes veulent la paix », assure-t-elle.

Pour la secrétaire générale adjointe, il faut aussi « inverser » la tendance quant aux fonds destinés à l’humanitaire pour agir plus en amont. « Je regarde les pourcentages de ce qui est mis dans l’humanitaire et ce qui est mis dans le développement. Il faut inverser. Si nous pouvons investir dans le développement des sommes comparables à celles investies aujourd’hui dans l’humanitaire, on aura justement moins besoin d’argent pour les crises humanitaires, analyse-t-elle. Plutôt que de faire la manche après les catastrophes. »

La secrétaire générale adjointe est aussi revenue sur les demandes répétées de mise sous chapitre VII des membres du G5-Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad), qui peinent à être efficaces dans leur lutte contre les djihadistes en raison notamment du manque de ressources. Le chapitre VII de la Charte des Nations unies permet un recours à des sanctions, voire à la force. Son activation faciliterait le financement de la force G5-Sahel, qui compte 5000 hommes. « Ils doivent continuer à demander. C’est une requête légitime. Le secrétaire général [de l’ONU] l’a proposé au Conseil de sécurité, qui n’a pas été en mesure de l’accepter », a-t-elle expliqué, soulignant qu’il était « urgent » de trouver des solutions.