De solides résultats pour le Fonds FTQ

Derrière un profit record de 1,13 milliard et un rendement global de 7,8% pour l’exercice se cache un rendement de 12,4% des investissements privés auprès des entreprises québécoises.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Derrière un profit record de 1,13 milliard et un rendement global de 7,8% pour l’exercice se cache un rendement de 12,4% des investissements privés auprès des entreprises québécoises.

Le Fonds de solidarité FTQ affiche une solide performance. Derrière un profit record de 1,13 milliard et un rendement global de 7,8 % pour l’exercice se cache un rendement de 12,4 % des investissements privés auprès des entreprises québécoises, distançant de très loin les indices de référence.

Le président et chef de la direction du Fonds de solidarité, Gaétan Morin, et le premier vice-président aux Finances, Sylvain Paré, ne cachaient pas leur contentement en dévoilant les résultats de l’exercice clos le 31 mai, redistribuant le mérite à l’ensemble des employés de l’institution. La période de 12 mois s’est terminée avec un bénéfice net record de 1,13 milliard, contre un peu plus de 1 milliard un an plus tôt, générant un rendement annuel de 7,8 % et propulsant la valeur de l’action à 43,90 $, en hausse de 3,17 $ sur un an. Quoique la comparaison ne soit pas parfaite, un fonds commun équilibré canadien neutre a dégagé un rendement annuel de 3,1 %, en moyenne, selon l’univers Morningstar.

Si toutes les catégories d’actif ont terminé en territoire positif, le portefeuille d’investissements en capital de développement auprès des entreprises québécoises a affiché un rendement de 12,4 %, grâce à celui de 14,6 % pour les titres privés et les fonds spécialisés. « L’économie québécoise demeure robuste, les entrepreneurs en profitent », résume Gaétan Morin. N’empêche, cette performance sectorielle, qui s’inscrit dans une conjoncture meublée de sanctions commerciales, se veut de loin supérieure à celle du marché selon que la référence vienne de l’indice BMO compagnies québécoises à petite capitalisation, qui affiche un recul de 13,3 % sur un an, ou de celui des titres à petite capitalisation S & P / TSX (-12,2 %). Un écart que le président du Fonds explique par la qualité des entreprises en région, par la montée de jeunes entrepreneurs de talent et par l’expérience du réseau de l’institution. « On se démarque dans la sélection. Notre analyse par secteur d’activités est plus approfondie et plus rapide, conséquences d’une décision prise au début de 2000. »

Au 31 mai, l’actif net du fonds fiscalisé atteignait les 15,6 milliards, en progression de 9 % sur un an, reposant sur la présence de 694 357 actionnaires, en hausse de 26 940. Le Fonds a investi au cours de l’exercice 1,2 milliard en capital de développement dans des entreprises à impact économique québécois et 107 entreprises partenaires se sont ajoutées à son portefeuille. Pour l’actionnaire, le rendement annuel de 7,8 % (sans tenir compte des crédits d’impôt) devient 8,1 % (composé) pour trois ans, 7,7 % sur cinq ans et 7,3 % sur dix, selon les chiffres fournis dans le communiqué.

Économie en transition

Ces résultats jetant un regard sur le passé appellent cependant à la vigilance, « car notre économie est en transition. Un fonds socialement responsable se doit d’y prendre part. » Gaétan Morin parle de trois grandes transitions : technologique, énergétique et humaine. Et martèle que « l’impact sur les travailleurs est sensible. Il faut s’assurer que les gens touchés reçoivent l’accompagnement et la formation nécessaires pour se repositionner ».

Il parle également d’un environnement économique mondial s’engageant sur la voie du ralentissement, avec des entreprises québécoises affichant un plafonnement des profits, une diminution des investissements et un recul des exportations. « Une croissance économique ne meurt pas de vieillissement, mais bien de facteurs sociopolitiques », souligne-t-il, tout en refusant d’évoquer le mot « récession ».

Au demeurant, un recul ou une contraction ne sont pas sans renfermer des occasions d’intervention lorsque les prix de marché baissent et que des entreprises deviennent plus vulnérables. C’est en 2009, au pire moment de la dernière crise économique, que le Fonds a réalisé des investissements records de 1,3 milliard en un an. Aussi, l’institution a engagé 300 des 500 millions que prévoit son enveloppe consacrée à la défense des fleurons québécois. « Je suis content de disposer d’une réserve devant moi. »

L’espace de travail du Fonds FTQ comprend également la transformation d’Investissement Québec. « Le gouvernement du Québec doit avoir les outils et les moyens de ses ambitions. Ce faisant, il est important d’agir en complémentarité, une importance que reconnaît le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. Investissement Québec, le Fonds, Desjardins, la Caisse de dépôt… Chacun a sa tolérance au risque, chacun doit avoir sa place. » Gaétan Morin insiste : le Québec a la chance d’abriter des institutions couvrant le spectre complet, allant de la naissance de l’entreprise à l’atteinte de sa pleine maturité.
 

Et Transat ?

Que pense Gaétan Morin de l’offre d’Air Canada sur Transat A.T. ? Le Fonds de solidarité est le deuxième actionnaire du voyagiste, avec une participation oscillant autour de 12 %. « Nous sommes actionnaires de Transat depuis 1990, c’est un fleuron bien enraciné dont nous sommes fiers comme Québécois et comme partenaire. Nous en sommes à l’étape de poser des questions, de nous assurer de la pérennité de la culture de Transat, de ses emplois, de son siège social. Nous avons posé des questions à Air Canada. Nous attendons également de voir le contenu de la circulaire de sollicitation » qui sera envoyée aux actionnaires en vue du vote lors d’une assemblée prévue au plus tard le 26 août.