Vol de données: Desjardins vient prêter main-forte à Equifax

Le p.-d.g. de Desjardins, Guy Cormier, a reconnu que «le processus [avec Equifax] connaît des ratés», mais que la collaboration avec la firme est «excellente».
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le p.-d.g. de Desjardins, Guy Cormier, a reconnu que «le processus [avec Equifax] connaît des ratés», mais que la collaboration avec la firme est «excellente».

Le Mouvement Desjardins sort l’artillerie lourde. Tout en reconnaissant les « faiblesses » du processus observées jusqu’ici chez Equifax, l’institution déploiera dès la semaine prochaine de nouveaux moyens pour aider ses membres à passer par elle afin de s’inscrire au programme de surveillance de la firme spécialisée.

Consciente des critiques exprimées depuis plusieurs jours à l’endroit d’Equifax — délais d’attente jugés excessifs, service français inégal, site Internet chancelant —, l’institution financière proposera à ses membres de s’inscrire en appelant directement chez Desjardins (1800 CAISSES) à partir de lundi ou de le faire sur AccèsD à partir du milieu de la semaine.

« Le processus connaît des ratés », a dit le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, lors d’une conférence téléphonique avec les médias. La situation « est inacceptable », a-t-il dit en affirmant comprendre « la frustration et l’inquiétude de nos membres ». Equifax a cependant réagi de bonne foi aux commentaires de Desjardins formulés au cours des derniers jours afin de rectifier le tir, selon M. Cormier.

« Equifax, qui est une entreprise de taille mondiale, leader en son domaine, nous disait avoir la capacité de répondre à la demande. Or, on réalise comme vous que le volume d’appels générés dépasse la capacité d’Equifax, malgré la meilleure volonté de l’entreprise, avec laquelle, je tiens à le dire, nous avons une excellente collaboration », a dit M. Cormier. Depuis jeudi, le site Internet d’Equifax, qui détient 70 % de son marché au Canada, fonctionne bien, a-t-il dit.

Desjardins a annoncé il y a deux semaines que les renseignements personnels de 2,9 millions de membres, dont 2,7 millions d’individus, se sont retrouvés à l’extérieur de l’organisation après les agissements d’un employé qui a, depuis, été congédié. L’enquête a été lancée par la police de Laval et inclut désormais la Sûreté du Québec. À ce jour, 68 % des personnes touchées ont reçu la lettre contenant un code d’activation donnant droit au service gratuit d’Equifax.

Ouvrir les lignes

À ce jour, environ 100 000 membres de Desjardins ont réussi à s’inscrire auprès d’Equifax pour bénéficier d’un service gratuit de surveillance de crédit et d’assistance au vol d’identité de cinq ans offert. Invité à dire si les plateformes téléphonique et numériques de Desjardins tiendront le coup la semaine prochaine, M. Cormier a dit qu’il se pose la question « depuis deux jours » mais que l’institution doit aller de l’avant. « Je me dis que c’est la responsabilité de Desjardins et je dis à mes gens qu’il faut que ça fonctionne, tout simplement. […] C’est un risque qu’il faut assumer chez Desjardins. On va tout mettre en oeuvre. »

À plus long terme, Desjardins travaille à une « solution permanente » en matière de protection de données personnelles, a indiqué M. Cormier. Les détails de ce nouveau service, que la direction entrevoit comme gratuit, seront annoncés plus tard cette année. L’initiative semble vouloir répondre aux préoccupations des membres qui craignent la suite des choses lorsque les cinq ans gratuits chez Equifax viendront à échéance.

Comme annoncé depuis quelques jours, Desjardins souhaite aussi retenir les services de TransUnion, un concurrent d’Equifax, afin d’offrir le même genre de service à ses membres. Les deux seraient complémentaires.