Qui remplacera Christine Lagarde à la tête du FMI?

Selon certains, George Osborne serait le mieux placé pour obtenir des soutiens pour sa candidature auprès des autorités britanniques, américaines et chinoises.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse Selon certains, George Osborne serait le mieux placé pour obtenir des soutiens pour sa candidature auprès des autorités britanniques, américaines et chinoises.

La course à la succession de Christine Lagarde à la tête du Fonds monétaire international (FMI) est enclenchée. Pour l’heure, le bruit le plus sourd vient du Royaume-Uni, l’ancien chancelier de l’Échiquier George Osborne et le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, étant parmi les candidats les plus mentionnés.

Plusieurs journaux citent l’entourage de M. Osborne, qui jugerait être le mieux placé pour obtenir des soutiens pour sa candidature auprès des autorités britanniques, américaines et chinoises. L’ancien chancelier de l’Échiquier (2010-2016) du gouvernement conservateur de David Cameron devra obtenir d’abord le soutien du prochain locataire du 10, Downing Street, un poste qui fait lui-même l’objet d’une compétition au sein du Parti conservateur entre Boris Johnson et Jeremy Hunt.

D’après le quotidien conservateur Daily Telegraph, M. Osborne, qui avait milité contre le Brexit, aurait noué des contacts cordiaux avec les équipes des deux candidats. Depuis 2017, l’ancien ministre des Finances est rédacteur en chef du quotidien londonien Evening Standard, qui a récemment donné son appui à M. Johnson, le favori dans cette course.

M. Osborne espère obtenir des soutiens en Chine, son mandat aux Finances à Londres ayant coïncidé avec un rapprochement sino-britannique. Il espère en avoir aussi aux États-Unis, où il aurait de nombreux amis au Parti républicain, croit savoir le Financial Times. D’après le quotidien des milieux d’affaires, l’ex-chancelier considère que la période actuelle favoriserait « un communicant et exécutant politique habile… pas un technocrate ».

Au Royaume-Uni, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, est l’autre personnalité locale évoquée dans la presse. Le mandat de M. Carney arrive bientôt à terme à la banque centrale et sa compétence est reconnue, y compris au sein du FMI. Autre atout, M. Carney dispose des nationalités canadienne et britannique, mais aussi irlandaise, ce qui signifie qu’en théorie, il pourrait être un candidat pour représenter l’Europe — dont ont été issus tous les dirigeants du FMI depuis sa création en 1944.

D’autres noms circulent pour succéder à Mme Lagarde, choisie mardi pour succéder début novembre à Mario Draghi et prendre les rênes de la Banque centrale européenne (BCE) : le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam, directeur général de Crédit Suisse, le Français Pierre Moscovici ou encore le membre du directoire de la BCE Benoît Coeuré, un autre Français. Au FMI, un autre nom est avancé, celui de la Bulgare Kristalina Georgieva, une dirigeante de la Banque mondiale.

Arrivée attendue

En choisissant mardi la patronne du FMI, les dirigeants européens donnent sa première présidente à la BCE. Ils déjouent surtout les pronostics en faveur de techniciens de la politique monétaire en propulsant une ancienne avocate d’affaires qui fut ministre de l’Économie au plus fort de la tourmente financière de 2008. D’autant que le contraste est net entre cette « gestionnaire de la politique », connue pour son aisance oratoire, son humeur affable et sa puissance de travail, et le « penseur avant-gardiste » et « solitaire » qu’est Mario Draghi.

« Au minimum, c’est autant une “colombe” que Draghi », juge Capital Economics. Dans le jargon des banques centrales, elle paraît donc plus susceptible de stimuler activement l’économie que des « faucons » tels que le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, candidat malheureux à la tête de la BCE. Les spécialistes s’attendent donc à la voir poursuivre le chantier récemment amorcé par M. Draghi, soit une nouvelle baisse du coût du crédit doublée d’une relance des achats nets d’obligations, pour ranimer une conjoncture européenne plombée par les tensions protectionnistes.


Avec Le Devoir