Boeing s’enfonce dans la crise du 737 MAX

Boeing pourrait annoncer de premières mesures de chômage technique dans l’usine de production du MAX.
Photo: Jason Redmond Agence France-Presse Boeing pourrait annoncer de premières mesures de chômage technique dans l’usine de production du MAX.

Boeing s’enfonce dans la crise sans précédent du 737 MAX, son avion-phare, dont le retour dans le ciel est à nouveau retardé par la découverte d’un nouveau problème de sécurité aux conséquences financières et sociales potentiellement lourdes. L’action du constructeur aéronautique a clôturé en baisse de 2,9 % jeudi à Wall Street, signe des doutes des milieux d’affaires sur la levée de l’interdiction de vol frappant le MAX depuis mi-mars après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

L’agence fédérale de l’aviation (FAA), le principal régulateur de l’aérien aux États-Unis, a indiqué mercredi soir avoir décelé un nouveau problème lié à un microprocesseur du 737 MAX posant un « risque potentiel ».

La faille aurait été détectée par des pilotes de la FAA lors des tests sur simulateurs la semaine dernière, a indiqué une source proche du dossier sous couvert d’anonymat. Les pilotes ont eu du mal à reprendre rapidement le contrôle de l’avion après l’activation du système anti-décrochage MCAS, mis en cause dans l’accident de Lion Air et d’Ethiopian Airlines. Selon deux sources industrielles, c’est un défaut du microprocesseur qui a tendance à orienter le nez de l’avion vers le sol.

Boeing, qui travaille d’arrache-pied depuis plusieurs semaines sur une mise à jour du MCAS, s’étant refusé à indiquer la nature du problème, il est difficile de dire s’il faut juste une mise à jour du système ou un remplacement des pièces défaillantes. La seconde option retarderait le retour dans le ciel du 737 MAX, car elle « touche au coeur de l’architecture et de la conception de l’avion », estime une des sources. Conséquence : le vol test, nécessaire à une nouvelle certification du MAX, n’aura pas lieu avant le 8 juillet au moins, a dit une source gouvernementale. Selon l’agence Bloomberg, Boeing pourrait avoir besoin d’un délai allant de quelques semaines à trois mois pour régler la situation.

Pour sa part ,un responsable de l’avionneur a souligné à l’agence Reuters que Boeing espère obtenir le feu vert à une reprise des vols de son appareil 737 MAX en octobre au plus tôt, ce qui va obliger les compagnies aériennes à annoncer de nouvelles annulations de vols.

Toutes ces incertitudes risquent de forcer Boeing à réduire une nouvelle fois la production du MAX, passée déjà de 52 à 42 exemplaires par mois, estime Michel Merluzeau, expert chez Air Insight Research. Boeing pourrait annoncer de premières mesures de chômage technique dans l’usine de production du MAX, tandis que ses résultats financiers pourraient souffrir en raison de l’allongement de la suspension des livraisons.

Southwest Airlines, plus grosse cliente de l’avion avec 34 exemplaires dans sa flotte, a annulé jeudi tous les vols prévus sur le MAX jusqu’au 1er octobre.

Avec Le Devoir