ABI: les Métallos font une nouvelle demande d’arbitrage

En novembre dernier, les employés d’ABI en lockout ont manifesté à Montréal.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne En novembre dernier, les employés d’ABI en lockout ont manifesté à Montréal.

Las de se faire dire qu’il n’est pas raisonnable, le syndicat des travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour réitère sa demande de soumettre le litige avec l’employeur à un arbitre, une offre une nouvelle fois rejetée par ABI.

Le syndicat des Métallos a donc formulé une deuxième demande d’arbitrage vendredi, bien qu’une semblable demande ait déjà été rejetée par la direction d’ABI lorsque le syndicat l’a formulée une première fois, le 22 février dernier.

Pour qu’un arbitre — une partie neutre qui déterminerait le contenu de la prochaine convention collective — puisse ainsi entrer en scène et être nommé par le ministre du Travail, les deux parties doivent l’accepter. Mais, comme ça avait été le cas en février, la direction d’ABI a repoussé vendredi l’offre du syndicat. « L’arbitrage ne sécurisera pas l’avenir d’ABI. Les processus alternatifs ne sont pas les solutions appropriées pour résoudre le conflit », a fait savoir la direction par courriel. La direction a défendu les offres qu’elle a déjà faites au syndicat pour tenter de dénouer l’impasse. « ABI a toujours négocié de bonne foi et a soumis au syndicat des offres compétitives qui sont alignées avec l’industrie de l’aluminium au Québec », a-t-elle ajouté.

Reproches à François Legault

Par ailleurs, le syndicat des Métallos a obtenu deux appuis de taille pour sa plainte à l’Organisation internationale du travail (OIT), une agence des Nations unies, contre le gouvernement du Québec. Il y reproche au premier ministre François Legault d’avoir exprimé un parti pris en faveur de l’employeur, dans le conflit, en affirmant que le syndicat n’était pas raisonnable. Il avait aussi évoqué le salaire de 90 000 $ et les heures de libération syndicale, entre autres. Il s’était aussi plaint des répercussions économiques de 500 millions sur la région, bien qu’il s’agisse d’un lockout et non d’une grève.

Ainsi, le Congrès du travail du Canada, qui compte trois millions de membres au pays, a adressé une lettre à l’OIT appuyant la plainte des Métallos. « Le CTC appuie la position des Métallos selon laquelle le gouvernement du Québec, par les déclarations publiques de son chef et représentant officiel, le premier ministre François Legault, est intervenu dans les négociations pendant le lockout de 17 mois à l’Aluminerie de Bécancour », écrit Hassan Yussuff, président du CTC. Le syndicat des Métallos est affilié à la FTQ, qui a elle-même des liens avec le CTC.

Le second appui, plus lourd encore, vient de l’IndustriALL Global Union, un regroupement de 50 millions de travailleurs de 140 pays dans les secteurs des mines, de l’énergie et manufacturier. « IndustriALL ne peut accepter que des politiciens s’ingèrent d’une manière aussi biaisée dans des négociations entre partenaires sociaux », a affirmé le regroupement.

Un lockout des 1030 travailleurs a été déclenché le 11 janvier 2018, il y aura bientôt un an et demi.