L’ex-patron d’Otéra réclame 7,35 millions

Alfonso Graceffa affirme avoir été congédié injustement par la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Alfonso Graceffa affirme avoir été congédié injustement par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Affirmant avoir été congédié injustement par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Alfonso Graceffa, l’ex-dirigeant de sa filiale Otéra Capital, réclame au bas mot 7,35 millions à l’institution.

Dans sa poursuite déposée jeudi en Cour supérieure du Québec, M. Graceffa reproche, essentiellement, à la CDPQ d’avoir agi ainsi afin de redorer son blason dans la foulée de la publication de reportages par Le Journal de Montréal entourant certains gestes de responsables d’Otéra Capital, qui se spécialise dans le financement hypothécaire. « En raison du contenu [de l’enquête], il sera impossible pour M. Graceffa de décrocher un nouvel emploi et d’obtenir du financement dans l’industrie immobilière », fait valoir la poursuite de 25 pages.

M. Graceffa, qui demande au tribunal d’accepter de l’entendre, réclame notamment une indemnité d’au moins 3,82 millions liée à son congédiement et une série d’autres sommes, parfois avec intérêts. « Les défendeurs ont délibérément discrédité M. Graceffa et entendaient porter atteinte à sa dignité, son honneur et sa réputation en publiant [le sommaire de l’enquête] sans tenir compte des conséquences », allègue-t-il.

Travail d’enquête

Dans sa série de reportages, Le Journal de Montréal avait notamment révélé que M. Graceffa avait obtenu 11 prêts totalisant plus de 9 millions de MCAP, une filiale d’Otéra, pour financer des immeubles à revenus dont il était propriétaire. Ce dernier affirme que son employeur était au courant. Il confirme également avoir reçu, dans son bureau, 15 000 $ en argent comptant des mains d’un individu ayant des antécédents criminels. L’ex-patron d’Otéra Capital affirme que cette somme était destinée à son frère et qu’il n’était pas au courant des antécédents de l’individu lui ayant remis la somme.

La poursuite allègue que la CDPQ reproche également cinq autres manquements à l’ancien dirigeant de sa filiale, mais elle ne contient toutefois pas l’ensemble du texte de sa lettre de congédiement. Devant les tribunaux, la Caisse pourrait toutefois demander que son contenu soit révélé. « On estime qu’il est dans l’intérêt du public de pleinement apprécier les motifs de sa terminaison et de se faire sa propre idée », a indiqué son porte-parole, Maxime Chagnon.