L’application Slack fait une entrée remarquée en Bourse

Norma Butterfield, la mère du p.-d.g. de Slack Stewart Butterfield, sonne une cloche de cérémonie à New York pour marquer l'entrée de la compagnie en Bourse.
Photo: Richard Drew Associated Press Norma Butterfield, la mère du p.-d.g. de Slack Stewart Butterfield, sonne une cloche de cérémonie à New York pour marquer l'entrée de la compagnie en Bourse.

Le spécialiste de la messagerie d’entreprises Slack a réalisé jeudi ses débuts à Wall Street avec une prime de 50 %, dernier exemple en date de l’appétit vorace des géants technologiques américains valant plusieurs milliards de dollars pour la Bourse cette année.

Le prix de cette première cotation a atteint 38,50 $US, loin devant le « prix de référence » de 26 $US fixé la veille par la Bourse de New York à titre indicatif. Ce cours confère à Slack une valorisation boursière supérieure à 20 milliards, soit la troisième entrée en Bourse de l’année pour ce qui est de la capitalisation boursière, derrière Uber et Lyft. Le titre a terminé la journée à 38,62 $US.

Slack a fait état pour 2018 d’un chiffre d’affaires en hausse de plus de 80 %, à 400 millions, mais d’une perte d’exploitation de 143,9 millions. L’entreprise compte plus de 90 millions d’utilisateurs, mais seulement 100 000 payants, rappelle l’agence Reuters.

«Cotation directe »

L’entrée en Bourse de Slack a revêtu un caractère particulier par sa procédure appelée « cotation directe ». Contrairement à une offre publique initiale (IPO, en anglais) classique, la détermination du prix d’introduction est le fruit d’une confrontation entre l’offre et la demande directement sur le marché. Cette procédure est moins chère qu’une entrée en Bourse classique, car elle permet d’éviter à l’entreprise de verser de lourds frais aux souscripteurs pilotant les IPO. Elle permet, par ailleurs, d’arriver sur les marchés sans avoir à lever de capitaux frais. En parallèle, elle offre aux actionnaires la possibilité de vendre leurs participations s’ils le souhaitent.

Cette entrée en Bourse de Slack survient après l’arrivée remarquée cette année de nombreuses entreprises technologiques milliardaires, d’Uber à Zoom Video en passant par Pinterest. Ces entreprises ont toutefois suivi la voie classique, en levant notamment des capitaux.

En imitant Spotify, qui a également procédé par cotation directe, la plateforme de messagerie pourrait influencer d’autres candidats. Pour l’analyste Kathleen Smith, de Renaissance Capital, « le débat n’est pas clos. Si on regarde Spotify, il faut un peu de temps avant que l’action se stabilise après une cotation directe », peut-on lire dans un texte de Reuters. En avril 2018, les débuts en Bourse de Spotify ont été considérés comme un succès. Or, plus d’un an après, le titre évolue environ 15 % sous son premier cours, le spécialiste de la musique en ligne sacrifiant encore ses marges à sa croissance.

Mais après les débuts en Bourse décevants d’Uber et de Lyft malgré la forte attente ayant précédé leurs IPO, la cotation directe de Slack pourrait avoir des implications pour d’autres candidats comme Airbnb, qui envisage de recourir aussi à cette méthode.