Ottawa et Québec concluent enfin une entente sur la formation de la main-d'oeuvre

Les ministres des Infrastructures au fédéral, François-Philippe Champagne, de la Justice au provincial, Sonia LeBel, et du Travail au provincial, Jean Boulet, ont conjointement fait l’annonce de l’entente jeudi à Montréal.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les ministres des Infrastructures au fédéral, François-Philippe Champagne, de la Justice au provincial, Sonia LeBel, et du Travail au provincial, Jean Boulet, ont conjointement fait l’annonce de l’entente jeudi à Montréal.

La nouvelle entente Canada-Québec en matière de formation de la main-d’oeuvre arrive à point nommé, alors que des entreprises refusent des contrats ou ferment, faute de main-d’oeuvre ou de travailleurs adaptés aux besoins du marché du travail, estime le ministre du Travail, Jean Boulet.

Comme prévu, Québec et Ottawa ont annoncé, jeudi à Montréal, le renouvellement de l’entente sur la formation de la main-d’oeuvre pour 2017-2023, qui prévoit le transfert d’une somme de 5,4 milliards. La dernière entente était donc échue depuis 2017. Depuis, Québec utilisait ses propres fonds.

Une somme supplémentaire de 686 millions depuis la dernière entente permettra de mieux former ou d’adapter un plus grand nombre de travailleurs et d’entreprises, a ajouté le ministre Boulet. Les deux en bénéficieront : les travailleurs qui ont besoin de formation et les entreprises qui ont besoin de recourir à de nouvelles technologies, par exemple. Grâce à cet ajout, 240 000 travailleurs de plus pourront bénéficier des mesures.

Entente «historique»

« C’est une entente taillée sur mesure, taillée selon les besoins du Québec », a lancé à ses côtés le ministre fédéral des Infrastructures et des Collectivités, François-Philippe Champagne. Il a d’ailleurs parlé d’ententes « historiques ». En fait, ce sont deux ententes qui ont été conclues, l’une sur le développement du marché du travail et l’autre sur le développement de la main-d’oeuvre et qui en remplacent d’autres.

La renégociation de ces ententes a été laborieuse, Ottawa exigeant une reddition de comptes sur les programmes financés. « Le Québec doit maintenir sa spécificité, sa compétence », et une entente fédérale-provinciale doit se faire « dans le respect des compétences de chacun », a souligné la ministre responsable des relations canadiennes, Sonia LeBel. Il semble que les difficultés se soient aplanies à la veille de la campagne électorale fédérale.

Le ministre Boulet s’est félicité du fait que l’entente négociée permettra de s’adapter aux réalités du marché du travail, qui diffèrent d’une région à l’autre : certaines sont aux prises avec un exode des jeunes, d’autres avec un marché du travail plus saisonnier, par exemple.

Réactions

Le groupe Manufacturiers et exportateurs du Québec s’est réjoui de l’entente. « On souhaite que ces sommes mènent à l’augmentation des compétences de base des travailleurs, afin qu’ils aient l’occasion de s’adapter à l’évolution des technologies et aux besoins des manufacturiers », a déclaré sa p.-d.g., Véronique Proulx. Au Conseil du patronat du Québec, le p.-d.g. Yves-Thomas Dorval a noté que le regroupement de trois ententes sous le chapiteau de l’Entente sur le développement de la main-d’oeuvre — l’une des deux annoncées — permettra en plus de « réduire considérablement la lourdeur administrative ». Le CPQ espère que les critères d’admissibilité seront réellement adaptés à la réalité du Québec, qu’ils ne vont pas se limiter aux régions où le taux de chômage est élevé.

Ottawa et Québec concluent finalement l’entente sur la formation de la main-d’oeuvre