Des minimaisons qui séduisent de plus en plus d’Américains

Une petite maison située à Ybor City, en Floride
Photo: Richard Danielson Tampa Bay Times / Associated Press Une petite maison située à Ybor City, en Floride

Petite révolution au pays du gigantisme : de plus en plus d’Américains choisissent les tiny houses, des maisons de moins de 40 m2, pour leur faible coût, leur minimalisme et leur moindre impact sur l’environnement.

Le mouvement, qui inclut des maisons sur roues ou posées au sol, trouve ses origines il y a plusieurs décennies, mais la crise financière de 2008 et l’arrivée des millénariaux dans la vie active lui ont donné un nouvel élan. Premier point fort, le coût. Environ 50 000 $US pour une maison neuve d’un peu moins de 20 m2 avec intérieur personnalisé, de ceux dont raffolent désormais les chaînes de télévision américaines spécialisées dans le bricolage et la décoration, qui ont multiplié les émissions thématiques depuis cinq ans.

Réduire

« Nous faisons face à une crise du logement et à un parc immobilier vieillissant », observe Brandy Jones, qui a emménagé avec son mari et ses deux enfants dans une minimaison il y a huit mois, à Reading, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Philadelphie. Pour une maison neuve, dit-elle, il faut normalement compter « au moins » 300 000 $US. L’option minimaison « a un impact énorme. Cela rend [le coût de] la vie abordable ».

Mais, le plus souvent, le seul facteur économique ne suffit pas à trancher dans un pays où la superficie médiane des maisons neuves pour une famille est de 228 m2, selon le bureau du recensement. Ces 40 dernières années, « la société américaine s’était mise en mode gigantisme, à construire des maisons énormes », explique Marcus Stoltzfus, directeur commercial et marketing de Liberation Tiny Homes, situé à Leola, non loin de Reading. Mais aujourd’hui, dit-il, « par endroits, des gens prennent conscience que vivre avec moins est très avantageux pour votre style de vie ».

Minimalisme

« Nous aimions cette approche minimaliste », explique Scott Berrier, qui a emménagé il y a quatre mois avec sa femme dans une maison de 34 m2 et apprécie de « ne plus avoir autant de choses » qu’avant. Bien que de superficie réduite, ces maisons sont plus fonctionnelles qu’un appartement traditionnel. « La principale différence que je remarque, c’est […] qu’il n’y a aucun espace perdu », souligne Scott. L’aspiration au minimalisme vaut aussi pour l’impact environnemental, explique Scott. « Vous réduisez votre empreinte carbone. Vous n’utilisez pas autant d’électricité, autant d’eau » que dans un logement classique.

Malgré ces atouts, la vague tiny home tarde à devenir raz-de-marée. Selon certaines estimations, il y aurait aujourd’hui un peu plus de 10 000 minimaisons aux États-Unis. Le premier frein majeur est le financement. Il est quasiment impossible de trouver un crédit immobilier classique, les banques considérant davantage ces constructions comme appartenant à la catégorie des maisons mobiles ou des véhicules récréatifs qu’à celle des maisons traditionnelles. Pour une minimaison, elles proposent plutôt un crédit à moyen terme (jusqu’à 7 ans), à des taux sensiblement plus élevés.

Mais le principal obstacle tient à la législation : la plupart des collectivités locales interdisent à leurs résidents de vivre à l’année dans une habitation sur roues et fixent un plancher pour la superficie d’une maison, souvent au-delà de 80 m2. Historiquement, bungalows, caravanes et roulottes ont mauvaise réputation, considérés comme des logements de piètre qualité, occupés par des populations très pauvres.