La Fed fait un pas de plus vers une baisse des taux

Jerome Powell, président de la Fed, a pris la parole mercredi lors d’une conférence de presse, après une rencontre du comité de politique monétaire de son organisation.
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Jerome Powell, président de la Fed, a pris la parole mercredi lors d’une conférence de presse, après une rencontre du comité de politique monétaire de son organisation.

L’économie américaine continue de se porter relativement bien, estime sa banque centrale. Les conflits commerciaux déclenchés par le président Trump contribuent toutefois à y faire peser une incertitude grandissante à laquelle la Réserve fédérale entend porter une attention particulière et qui l’amène de plus en plus à considérer une baisse prochaine des taux d’intérêt.

Comme s’y attendaient les marchés, le comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a maintenu inchangé son taux directeur dans une mince fourchette entre 2,25 % et 2,5 % mercredi. L’institution est toutefois aussi venue renforcer leur impression voulant qu’au moins une baisse d’un quart de point de pourcentage, et peut-être bien deux, soit en préparation, et que la première pourrait bien venir dès la prochaine réunion du FOMC, les 30 et 31 juillet.

« Les arguments plaidant en faveur d’une politique plus accommodante se sont renforcés », a admis en conférence de presse le président de la Fed, Jerome Powell. Bien que les nouvelles prévisions économiques de l’institution comptent toujours, pour cette année et l’année prochaine, sur une croissance légèrement supérieure au potentiel à long terme d’environ 2 % et sur un taux de chômage de plus ou moins 3,7 %, « les incertitudes qui pèsent sur ces perspectives ont augmenté », a dit le FOMC dans son communiqué.

Vigueur

Parmi ces incertitudes, Jerome Powell a évoqué celles entourant la vigueur de l’économie mondiale, mais plus encore les tensions commerciales qu’on croyait en voie de s’atténuer au début de l’année, alors qu’on évoquait un accord prochain entre les États-Unis et la Chine, mais qui sont repartis à la hausse quand ces espoirs se sont évanouis ou encore que Donald Trump a menacé de s’en prendre, cette fois, au Mexique.

Le fait que les membres du FOMC s’attendent désormais à ce que l’inflation se maintienne cette année à un taux aussi bas que 1,5 %, alors que leur cible est de 2 %, leur laisse également de la marge de manoeuvre pour adopter une politique plus stimulante.

Baisse de taux à venir

Mercredi, un seul des dix membres votant du FOMC, le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard, s’est prononcé pour une réduction immédiate du taux directeur de la Fed d’un quart de point. Les documents dévoilés après leur délibération montrent toutefois que près de la moitié (8) des 17 experts qui ont participé aux discussions prévoit une telle baisse cette année et que 7 d’entre eux s’attendent même à une baisse totale du double.

Une telle décision ferait grand plaisir au locataire de la Maison-Blanche, qui n’a pas cessé de reprocher à la Fed de ne pas plus en faire pour stimuler l’économie, allant jusqu’à réclamer une baisse de 1 % de ses taux. Passant outre le principe d’indépendance de la banque centrale, Donald Trump explorait même, en février, la possibilité de démettre immédiatement de ses fonctions le président de la Fed qu’il a pourtant lui-même nommé l’an dernier, a révélé récemment la presse.

Ce pas de plus vers une baisse du loyer de l’argent aux États-Unis s’est logiquement traduit sur les marchés par une hausse des cours boursiers à New York et un léger recul de la devise américaine, le dollar canadien s’échangeant, par exemple, à 74,95 ¢US, en hausse par rapport aux 74,66 ¢US de la veille.