SNC-Lavalin se rapproche de Londres

L’entreprise fait face à un procès pour corruption au Canada.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne L’entreprise fait face à un procès pour corruption au Canada.

Groupe SNC-Lavalin, qui s’affaire à rationaliser ses activités et à réduire ses risques, a décidé que la supervision de ses gros contrats, visant à assurer le contrôle des coûts, s’effectuera depuis Londres, au Royaume-Uni.

Le chef de la direction par intérim, Ian Edwards, a nommé mardi Nigel White au poste de vice-président directeur de la surveillance de projets. Ce dernier relèvera du Britannique de 56 ans ayant pris la relève de Neil Bruce, qui a quitté abruptement ses fonctions pour la retraite la semaine dernière. M. Edwards a expliqué que la fonction de surveillance sous-tendra les quatre secteurs d’exploitation du géant de l’ingénierie et de la construction et sera chargée d’évaluer les risques et de résoudre les problèmes liés aux projets.

À compter du 1er août, date à laquelle M. White entrera en fonction, 7 des 11 principaux dirigeants de la multinationale travailleront à temps plein depuis le siège social montréalais, alors que deux se trouveront à Londres. Le responsable des ressources humaines partagera son temps entre Montréal et la capitale britannique, alors que le directeur du secteur pétrolier et gazier se trouve aux Émirats arabes unis. Par courriel, un porte-parole, Nicolas Ryan, a expliqué que même s’il est basé à Londres, M. White « sera appelé à se déplacer et à prendre des décisions à partir de bureaux situés dans le monde entier », à l’instar d’autres dirigeants de l’entreprise.

Procès pour corruption

Selon l’analyste Derek Spronck, de RBC Marchés des capitaux, cette décision pourrait ouvrir la voie à d’autres décisions au sein de la multinationale ayant annoncé, le mois dernier, son intention de cesser de soumissionner sur des contrats à prix forfaitaire et de mettre fin à ses activités dans 15 pays. « Cela augmente les chances de voir SNC-Lavalin céder ses activités des secteurs de la construction et des ressources dans le but de renouer avec ses racines dans l’ingénierie et la conception », a-t-il indiqué, dans une note.

L’embauche de M. White survient dans la foulée de questions entourant l’avenir de SNC-Lavalin au Canada, où sa présence diminue depuis plusieurs années et où elle fait face à un procès pour corruption, pour lequel une éventuelle condamnation pourrait l’empêcher de soumissionner pendant dix ans sur des contrats fédéraux.