Les moyens de ses ambitions

Le p.-d.g. d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, et le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le p.-d.g. d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, et le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon

Le ministre Pierre Fitzgibbon va doter Investissement Québec (IQ), le bras financier du gouvernement, de pouvoirs élargis et de moyens financiers substantiels, lui conférant une sorte de statut de super-ministre de l’Économie, plus puissant que jamais.

Sauf erreur, on n’aura jamais vu au Québec un ministre de l’Économie doté d’autant de moyens pour attirer les investisseurs étrangers et favoriser les exportations, à la faveur du projet de loi 27 déposé mercredi à l’Assemblée nationale. Le rayonnement de la société d’État devenue tentaculaire, dirigée par son ami Guy LeBlanc, s’étendra à chacune des régions du Québec ainsi que sur la scène internationale, en mettant à contribution le réseau des délégations présentes à travers le monde.

« Oui, nous avons les moyens qu’Investissement Québec n’a jamais eus dans le passé », a convenu le ministre Fitzgibbon, en conférence de presse, tenue dans une entreprise « innovante » de Québec. Il précise que Québec a injecté un milliard de dollars dans le capital de l’organisme et un autre milliard pour favoriser la croissance des entreprises et protéger les sièges sociaux, des sommes qui pourraient générer jusqu’à 10 milliards de dollars d’investissements par année, par effet de levier. La taille de la société d’État va doubler d’ici un an, accaparant des ressources actuellement éparpillées dans l’appareil gouvernemental.

La réforme d’Investissement Québec faisait partie des principales priorités du premier ministre François Legault, en matière de développement économique. Le rendement ne sera plus prioritaire, la nouvelle IQ devant privilégier plutôt « le renforcement de l’économie du Québec », a précisé le nouveau président de la société d’État, Guy LeBlanc, qui promet de diriger un organisme « plus performant » à l’avenir.

Le gouvernement veut doubler les investissements étrangers au Québec d’ici cinq ans (une moyenne de 3,4 milliards depuis quelques années). Pour y arriver, la société d’État aura sa filiale internationale, « IQ international », qui se dotera d’« une des meilleures équipes de chasseurs et de rabatteurs au monde », puisée notamment auprès d’autres entités, comme le ministère des Relations internationales et le ministère de l’Économie, a indiqué le ministre Fitzgibbon.

IQ international devra assurer une meilleure cohésion, une meilleure coordination des actions entreprises actuellement à l’étranger par le ministère des Relations internationales, le ministère de l’Économie, mais aussi Montréal international et Québec international, tant pour la prospection d’investisseurs étrangers que pour la recherche de marchés à dénicher pour les PME exportatrices. La nouvelle entité devra « accompagner l’entrepreneur du démarrage jusqu’à l’exportation », a indiqué M. LeBlanc.

Présente en région

La société d’État promet aussi d’être plus présente que jamais sur tout le territoire québécois, dans chaque région. On veut en faire la porte d’entrée unique pour les entreprises à la recherche de financement. Pour ce faire, on procédera à la fusion des bureaux régionaux d’IQ avec ceux du ministère de l’Économie.

On veut aussi réduire les délais de traitement des demandes de financement des entreprises et alléger la réglementation. Les projets les plus innovants, qu’on pense à l’intelligence artificielle, seront privilégiés. Le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) sera également fusionné à Investissement Québec. « Pour la première fois, les solutions d’innovation, grâce au CRIQ, et de financement seront à la même adresse », a déclaré de son côté le nouveau président de la société d’État, dont la rémunération annuelle pourra atteindre, avec les primes, tout près d’un million de dollars.