Québec vole au secours de Stornoway

Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon

Alors que Stornoway, l’exploitant du projet diamantifère Renard, à la baie James, est à la recherche d’un acheteur ou de nouveaux partenaires, l’État québécois table déjà sur un « plan B » advenant un échec des démarches.

C’est ce qu’a indiqué mardi le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, au cours d’un entretien téléphonique, après que la minière en difficulté eut obtenu un autre coup de pouce de la part d’Investissement Québec, son principal actionnaire, ainsi que d’autres partenaires.

« Si les démarches ne sont pas favorables, nous travaillons déjà sur un plan B avec les créanciers [de Stornoway] », a indiqué le ministre, qui n’a toutefois pas voulu ouvrir son jeu.

Le projet diamantifère Renard, qui devait incarner la relance du Plan Nord, a reçu des investissements d’un demi-milliard de dollars de Québec et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Interrogé, M. Fitzgibbon a indiqué que le plan B consistait à trouver une solution avec les créanciers de Stornoway de façon à offrir davantage de marge de manoeuvre à la société, qui doit notamment payer des intérêts sur sa dette ainsi que des redevances, ce qui permettra de protéger des centaines d’emplois.

Cette solution de rechange ne devrait pas nécessiter d’importants investissements, a-t-il ajouté.

Entre-temps, à court terme, Stornoway recevra environ 22 millions sous forme d’avances sur les fonds disponibles et les paiements de redevances, ce qui devrait lui permettre d’assurer la poursuite de ses activités dans le Nord-du-Québec jusqu’à ce que le processus de sollicitation de vente et d’investissement soit réalisé.

Principal actionnaire avec une participation d’environ 25,8 %, Diaquem, une filiale d’IQ, avancera une somme pouvant atteindre 16,1 millions.

« Cela nous laisse suffisamment de temps pour réaliser le processus de sollicitation et de négociation jusqu’à ce que l’on arrive dans les horizons de l’automne », a indiqué le président et chef de la direction, Patrick Godin, au cours d’un entretien téléphonique.

Il n’est pas impossible que Stornoway passe sous contrôle étranger advenant l’arrivée d’un acquéreur ou de nouveaux partenaires, a concédé M. Fitzgibbon, qui ne s’est pas formalisé de cette possibilité.

« Si l’entreprise fait partie d’un groupe [minier] plus grand où il y a une diversification, cela serait une bonification, a-t-il dit. L’enjeu, c’est : est-ce qu’une mine orpheline a du sens ? »

Afin de limiter ses coûts, Stornoway, qui éprouve d’importantes difficultés au chapitre de ses liquidités, a cessé d’exploiter un gisement à ciel ouvert tout en continuant l’exploitation de gisements souterrains.

En date du 31 mars, la trésorerie et ses équivalents se chiffraient à 29,5 millions.

Dans le cadre de ses démarches, la compagnie de Longueuil, qui a effectué des changements au sein de sa haute direction dans les derniers mois, a retenu les services de Valeurs mobilières TD et de Scotia Capitaux.

Aux commandes depuis janvier 2019, M. Godin s’est joint à Stornoway en mai 2010 en tant que chef des opérations.

Stornoway a éprouvé des pépins de bris de diamant et l’entreprise est confrontée à un marché où les prix sont plutôt déprimés, ce qui l’oblige à vendre ses produits à des prix plus bas que par les années passées et beaucoup plus bas que les prix initialement anticipés.

En octobre dernier, dans le cadre d’un refinancement, la société avait obtenu un congé de paiement sur ses prêts contractés auprès d’IQ et du Fonds de solidarité FTQ.

Pour le premier trimestre de l’exercice 2019, Stornoway a affiché une perte nette de 48,4 millions, ou 5 ¢ par action, par rapport à une perte nette de 11 millions, ou 1 ¢ par action, à la même période l’année précédente. Les revenus ont fléchi de 4,65 % à 53,3 millions.

À la Bourse de Toronto, le titre de l’entreprise a clôturé à 2 ¢, en recul de 1 ¢.