Les États-Unis bataillent sur tous les fronts

Le 8 mai dernier, Washington a encore durci ses sanctions économiques contre l’Iran, en ajoutant l’acier, le fer, l’aluminium et le cuivre aux secteurs visés par des mesures punitives.
Photo: STR AFP Le 8 mai dernier, Washington a encore durci ses sanctions économiques contre l’Iran, en ajoutant l’acier, le fer, l’aluminium et le cuivre aux secteurs visés par des mesures punitives.

Le gouvernement Trump semble déterminé à poursuivre, coûte que coûte, la guerre commerciale contre les principaux partenaires commerciaux des États-Unis. Plus d’un an après le lancement des hostilités, voici les principaux fronts ouverts par le président républicain.

Les négociations avec Pékin sont dans l’impasse. Les deux parties, qui étaient sur le point de signer un accord début mai, ont cessé leurs discussions formelles, Donald Trump et ses négociateurs accusant la Chine de ne pas respecter ses engagements pris dans le cadre de ces tractations. La trêve, qui était en vigueur depuis début décembre, a été définitivement rompue le 10 mai quand le gouvernement américain a relevé de 10 à 25 % les droits de douane sur 200 milliards de dollars de biens chinois, s’ajoutant aux 50 milliards déjà surtaxés à cette hauteur. Pékin a, de son côté, renforcé les droits de douane le 1er juin sur 60 milliards de biens en provenance des États-Unis. La trêve se poursuit, mais Donald Trump fait toujours planer la menace de droits de douane supplémentaires sur les importations en provenance des pays membres de l’Union européenne.

Le 17 mai, le président républicain a accordé jusqu’à six mois de délai à Bruxelles (et au Japon) pour négocier un accord commercial pour le secteur automobile, faute de quoi il infligera des taxes douanières supplémentaires. Côté européen, les pays membres ont du mal à se mettre en ordre de bataille, la France étant opposée à des négociations avec les États-Unis. La Commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a reçu un mandat pour négocier. Mais le 22 mai, elle constatait que l’UE et les États-Unis avaient besoin de plus de temps pour ouvrir formellement des négociations. Principal point de dissension, Washington voudrait inclure l’agriculture dans les négociations, ce que refuse Bruxelles, et la France en particulier. Lundi, Donald Trump a laissé entendre qu’il avait dans le viseur le vin français, qui bénéficie de tarifs douaniers plus favorables que le vin américain.

Canada et Mexique

Avec Ottawa et Mexico, la situation reste confuse depuis que Donald Trump a lié le dossier du commerce au problème d’immigration clandestine. Les trois pays ont entamé ces dernières semaines le processus de ratification de leur nouvel accord de libre-échange, baptisé Accord Canada, États-Unis, Mexique (ACEUM) et qui avait été signé le 30 octobre. Mais le 30 mai, le président a semé le trouble en menaçant d’imposer des droits de douane sur toutes les importations en provenance du Mexique si le gouvernement mexicain ne prenait pas des mesures drastiques pour mettre fin à l’afflux de clandestins qui entrent aux États-Unis par la frontière mexicaine.

Vendredi soir, à l’issue de plusieurs jours d’âpres négociations, Washington et Mexico ont arraché un accord sur l’immigration. Mais lundi, Donald Trump a assuré que si une partie de cet accord n’était pas approuvé par le Congrès mexicain, « les tarifs douaniers seront rétablis ». De tels droits de douane pourraient non seulement compromettre la ratification de l’ACEUM, mais encore toucher durement les économies américaine et mexicaine.

Inde et Iran

C’est l’une des dernières cibles de Donald Trump. Les États-Unis ont mis fin le 5 juin aux avantages commerciaux sur les importations en provenance d’Inde. Ce pays bénéficiait de longue date du régime de préférences généralisées qui permettait un accès libre au marché américain. Le président américain se plaignait d’un accès insuffisant au marché indien pour les exportations américaines. Le 8 mai dernier, Washington a encore durci ses sanctions économiques contre l’Iran, en ajoutant l’acier, le fer, l’aluminium et le cuivre aux secteurs visés par des mesures punitives.

Donald Trump avait rétabli en août 2018 des sanctions économiques contre Téhéran après le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire conclu entre l’Iran, les États-Unis, la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne. Cet accord avait permis la levée d’une partie des sanctions contre Téhéran en échange de l’engagement iranien de ne pas se doter de l’arme nucléaire. L’an passé, la première salve de sanctions américaines concernait l’automobile, l’aéronautique civile, des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières avant d’affecter l’énergie et la finance.