Pénurie de main-d’oeuvre: urgence à Québec

Le manque de main-d’oeuvre est particulièrement criant dans les secteurs du tourisme, de la santé et des nouvelles technologies.
Photo: iStock Le manque de main-d’oeuvre est particulièrement criant dans les secteurs du tourisme, de la santé et des nouvelles technologies.

Les allégements fiscaux aux travailleurs plus âgés accordés au printemps par Québec et Ottawa sont insuffisants selon les milieux d’affaires de Québec.

« Il y a des gestes qui ont été posés, mais on pense qu’ils sont un peu timides », a déclaré Jean Saint-Gelais, président du Comité permanent des gens d’affaires créé par la Ville et p.-d. g. du groupe d’assurance La Capitale.

Le dernier budget fédéral, en mars, prévoyait des mesures pour que les personnes de 65 ans et plus soient moins pénalisées dans le programme de supplément au revenu lorsqu’elles décident de rester ou de retourner sur le marché du travail.

Or cette mesure est pour l’instant sans effet puisqu’elle « sera applicable uniquement à partir de l’année 2020 », note le Comité dans un rapport rendu public lundi.

Faire plus, rapidement

Quant aux allégements prévus dans le budget du Québec, ils touchent seulement les gens de 60 à 64 ans, déplore-t-il en priant les gouvernements d’en faire « davantage, rapidement ».

Vendredi, Statistique Canada a révélé que le taux de chômage en mai avait encore baissé dans la région métropolitaine de Québec, atteignant un nouveau plancher historique de 2,8 %, le plus bas de toutes les municipalités du Canada.

« À 2,8 %, la disponibilité de main-d’oeuvre n’est plus au rendez-vous, et il faut trouver des solutions à court terme », a souligné Line Lagacé, vice-présidente de Québec International.

Il y a des gestes qui ont été posés, mais on pense qu’ils sont un peu timides

Le manque de main-d’oeuvre est particulièrement criant dans les secteurs du tourisme, de la santé et des nouvelles technologies.

À la fin février, les employeurs de Québec s’étaient réunis pour trouver des solutions à ce problème. L’ajout d’incitatifs fiscaux pour les travailleurs âgés fait partie des solutions qui ont été ciblées à cette occasion.

Le comité en a soumis cinq autres : sensibiliser la population à l’importance de l’immigration ; accompagner les entreprises qui ont besoin d’aide pour recruter ; regrouper les services aux immigrants ; reconnaître leurs diplômes ; et mettre en oeuvre un projet-pilote visant la venue rapide de travailleurs temporaires.

Priorité de traitement

Ce projet-pilote vise notamment à soustraire les employeurs qui font venir des travailleurs temporaires étrangers à l’obligation de remettre à Ottawa une étude d’impact sur le marché du travail. Les demandes des entreprises participantes seraient traitées en priorité dans un délai de moins de 8 semaines plutôt que 9 mois comme actuellement.

Les demandes de résidence permanente, elles, seraient traitées en priorité en moins de six mois à partir de l’embauche, plutôt que deux ans.

Mme Lagacé fait remarquer que d’autres projets-pilotes spécifiques en immigration sont déjà offerts ailleurs au Canada comme c’est le cas, depuis 2017, dans les Maritimes avec le projet Canada Atlantique.