Donald Trump lance un ultimatum à Xi Jinping

Les présidents Donald Trump et Xi Jinping devraient se rencontrer au sommet du G20 à Osaka, au Japon, les 28 et 29 juin prochains.
Photo: Nicolas Asfouri Agence France-Presse Les présidents Donald Trump et Xi Jinping devraient se rencontrer au sommet du G20 à Osaka, au Japon, les 28 et 29 juin prochains.

Le président américain, Donald Trump, a prononcé lundi une violente diatribe contre les pratiques de Pékin et lancé un ultimatum à son homologue Xi Jinping, renforçant encore l’incertitude sur l’issue du bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine. Accusant une nouvelle fois la Chine de manipuler sa monnaie, le milliardaire américain a menacé d’imposer de nouvelles taxes douanières si le tête-à-tête prévu avec Xi fin juin, en marge du sommet du G20 à Osaka, n’avait pas lieu.

Soufflant le chaud et le froid, comme à son habitude dans les négociations commerciales, l’imprévisible président s’est cependant montré confiant quant à la tenue de la rencontre et a mis en avant ses excellentes relations avec l’homme fort de Pékin, « un type incroyable », un homme « très fort et très intelligent ». « Je pense qu’il se rendra sur place. Nous devons nous rencontrer. Si cela se fait, c’est très bien, si cela ne se fait pas, c’est très bien aussi », a-t-il déclaré sur CNBC, évoquant le sommet qui réunira les principales puissances économiques mondiales les 28 et 29 juin au Japon.

M. Trump a, par étapes au cours des mois, imposé des tarifs douaniers de 25 % sur 250 milliards de dollars de produits chinois importés aux États-Unis. Et il menace régulièrement d’étendre ces droits de douane punitifs à 300 milliards de dollars de produits supplémentaires. Washington veut non seulement réduire son gigantesque déficit commercial avec la Chine, mais aussi obtenir de Pékin une série d’engagements sur le respect de la propriété intellectuelle, la fin des transferts de technologie forcés, ou l’abandon de subventions aux entreprises d’État.

L’impact des tarifs punitifs

Défendant bec et ongles sa stratégie, le locataire de la Maison-Blanche a insisté sur l’impact des tarifs punitifs sur l’économie chinoise, ce qui devrait selon lui pousser Pékin à conclure un accord. « La Chine est véritablement décimée avec des entreprises qui quittent le pays et s’installent ailleurs, car elles ne veulent pas payer les tarifs douaniers, a-t-il argué. À mon avis, la Chine va conclure un accord, car ils seront contraints de le faire. »

Assurant que la Chine avait perdu « plusieurs milliards de milliards de dollars », il a jugé que son économie ne pourrait rattraper l’économie américaine. « Avec ma politique, ils ne nous rattraperont jamais », a-t-il martelé, estimant que l’équation aurait été complètement différente si sa rivale démocrate, Hillary Clinton, avait été élue à sa place en novembre 2016.

Reprenant une critique maintes fois formulée, M. Trump a accusé la Chine de faire chuter sa monnaie pour annuler l’effet des tarifs douaniers. Et il en a profité pour se plaindre une nouvelle fois du fait que la banque centrale américaine (Fed) ait relevé les taux d’intérêt trop vite et ne l’écoute pas, alors que, a-t-il souligné, son homologue chinois, lui, dicte sa volonté à sa banque centrale. « N’oubliez pas qu’en Chine, le patron de la Fed, c’est le président Xi, le président chinois », a-t-il lancé. « En tant que patron de la Fed, il peut faire ce qu’il veut. »

Selon un récent rapport du Trésor américain, la Chine n’a pas manipulé sa devise ces six derniers mois.

Droits de douane sur le vin français?

Donald Trump a laissé entendre lundi qu’il pourrait imposer davantage de droits de douane sur le vin français, estimant que le vin américain est victime d’une concurrence déloyale. « La France taxe beaucoup le vin et nous taxons peu le vin français », a déclaré le président américain sur CNBC. « [Les États-Unis] autorisent le vin français — qui est très bon — […] à entrer pour rien », a-t-il affirmé. « Ce n’est pas juste, nous allons faire quelque chose pour [rééquilibrer] ça », a également assuré le président républicain. Ces nouveaux commentaires interviennent alors que les États-Unis et l’Union européenne sont en discussion pour trouver un accord commercial. Pour l’heure, Bruxelles ne veut pas inclure le secteur agricole dans un traité. En tant que membre de l’Union européenne, la France ne fixe pas elle-même le niveau de taxation des produits importés. Cela dit, il existe un déséquilibre dans les tarifs douaniers. Aux États-Unis, les taxes varient entre 5,3 et 14,9 ¢ US par bouteille, en fonction de la nature du vin et du degré d’alcool, selon la Commission américaine du commerce international. En Europe, elles vont de 11 à 29 ¢ US.