Des actionnaires de La Baie d’Hudson proposent de quitter la Bourse

La société a du mal à s’adapter à un environnement de détail en mutation.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne La société a du mal à s’adapter à un environnement de détail en mutation.

Les actions de la Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) ont progressé de 42 % lundi après qu’un groupe d’actionnaires, dont le président exécutif, Richard Baker, a proposé de fermer le capital du détaillant une fois qu’il aura complété la vente de ses derniers actifs allemands pour 1,5 milliard.

Le groupe, qui détient une participation de 57 % dans HBC, offre 9,45 $ par action en espèces aux autres investisseurs — le même prix payé par l’une des entités de M. Baker au Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario en janvier. « Nous continuons de croire au potentiel à long terme de HBC, mais il est devenu évident que les défis, les risques et les incertitudes majeurs auxquels HBC fait face dans l’environnement de la vente au détail, qui connaît une évolution rapide, seront mieux pris en charge sur un marché privé », a fait valoir M. Baker dans un communiqué.

Les actions de HBC, qui ont clôturé la semaine dernière à un creux record de 6,37 $, ont chuté au cours des dernières années, la société ayant du mal à s’adapter à un environnement de détail en mutation. L’accord est conditionnel à la vente, par HBC, de sa participation restante dans une coentreprise immobilière allemande et à la cession de sa coentreprise allemande de commerce de détail pour un montant de 1,5 milliard dans le cadre d’une entente conclue avec son partenaire de coentreprise Signa, également annoncée lundi.

6,37 $
Les actions de HBC ont clôturé la semaine dernière à ce creux record.

Dans un communiqué publié lundi, la chef de la direction, Helena Foulkes, a affirmé que le projet de vente de la portion de HBC dans la coentreprise allemande « constituait un jalon passionnant » qui tirait parti de l’immobilier allemand de HBC et qui améliorait sa position financière. « D’un point de vue stratégique, nous pourrons concentrer pleinement nos ressources sur les activités de HBC en Amérique du Nord, y compris sur nos meilleures occasions de croissance — Saks Fifth Avenue et La Baie d’Hudson. »

Des années de rationalisation

Depuis que Mme Foulkes est devenue chef de la direction en février 2018, HBC a rationalisé ses activités. En février, elle a annoncé la fermeture des magasins canadiens Déco découverte (la bannière Home Outfitters à l’extérieur du Québec) et la fermeture de certains magasins Saks Off Fifth aux États-Unis et au Canada. Elle a annoncé le 6 mai qu’elle s’était mise à la recherche de solutions stratégiques pour les activités de sa chaîne Lord and Taylor, dont les magasins se trouvent principalement dans l’est des États-Unis.

Sous la direction de M. Baker, HBC a étendu ses activités en acquérant, à la fin 2013, le détaillant de luxe établi à New York Saks Fifth Avenue pour environ 2,9 milliards, dette incluse, et la chaîne allemande de grands magasins Galeria Kaufhof pour 3,36 milliards en 2015. À l’annonce au sujet de Kaufhof, M. Baker avait affirmé que la transaction faisait partie d’un plan visant à transformer Saks Fifth Avenue et sa filiale Saks Off Fifth en marques mondiales.

HBC a précisé avoir formé un comité spécial d’administrateurs indépendants chargé d’examiner la proposition et de faire une recommandation aux autres actionnaires. HBC a ajouté que les actionnaires impliqués dans l’offre avaient informé la société qu’ils ne sont pas intéressés par une autre transaction. Outre M. Baker, le groupe d’actionnaires comprend les sociétés Rhone Capital, WeWork Property Advisors, Hanover Investments (Luxembourg) et Abrams Capital Management.