Washington vise le secteur clé iranien de la pétrochimie

Selon les États-Unis, la PGPIC et ses filiales représentent 40% de la capacité de production pétrochimique iranienne et 50% des exportations du secteur, alors que le pétrole et ses dérivés sont la principale source de revenus du régime.
Photo: AP Photo/Vahid Salemi Selon les États-Unis, la PGPIC et ses filiales représentent 40% de la capacité de production pétrochimique iranienne et 50% des exportations du secteur, alors que le pétrole et ses dérivés sont la principale source de revenus du régime.

Les États-Unis ont imposé vendredi des sanctions contre un grand groupe pétrochimique iranien lié aux Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime, un nouveau pas dans sa politique de «pression maximale» contre la République islamique.

Début avril, les États-Unis avaient déjà renforcé leur pression économique en plaçant le corps des Gardiens de la Révolution sur leur liste noire des «organisations terroristes étrangères», mais Téhéran refuse toujours de fléchir et dénonce une «guerre économique».

La Persian Gulf Petrochemical Industries Company (PGPIC) est «la plus grande holding pétrochimique» iranienne, affirme le département du Trésor dans un communiqué.

Selon les États-Unis, la PGPIC et ses filiales représentent 40% de la capacité de production pétrochimique iranienne et 50% des exportations du secteur, alors que le pétrole et ses dérivés sont la principale source de revenus du régime.

Les sanctions sont prises en raison «du soutien financier apporté à Khatam al-Anbiya Construction Headquarters (Khatam al-Anbiya), un conglomérat d’ingénierie des Gardiens de la Révolution», ajoute le Trésor, précisant que 39 filiales et agents à l’étranger étaient également visés.

Ce conglomérat est présent dans la plupart des grands projets d’infrastructures (constructions de routes, ponts, barrages, ports, pipelines) et fortement impliqué dans l’industrie pétrolière et gazière.

«En visant ce réseau, nous avons l’intention de priver de fonds des éléments clés du secteur iranien de la pétrochimie qui soutiennent les Gardiens de la Révolution», a souligné Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor.

«Les Gardiens de la Révolution infiltrent de manière systématique des secteurs clés de l’économie iranienne pour remplir leurs coffres, tout en se lançant dans toute une série d’opérations malfaisantes», a accusé Sigal Mandelker, la sous-secrétaire à la lutte contre le terrorisme et au renseignement financier.

Pression maximale

Les sanctions bloquent «tous les biens et les intérêts dans ces biens» des entités visées qui se trouveraient aux États-Unis ou contrôlées par des ressortissants américains.

La campagne américaine de «pression maximale» contre l’Iran vise selon Washington à mettre fin aux «activités déstabilisatrices» de Téhéran au Moyen-Orient, notamment au Liban via le mouvement chiite Hezbollah, au Yémen à travers les rebelles Houthis et en Syrie par son soutien au régime de Bachar al-Assad.

Après s’être retiré en mai 2018 de l’accord nucléaire international de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, que Donald Trump jugeait trop laxiste, Washington a rétabli de dures sanctions économiques contre l’Iran, visant les secteurs financier, pétrolier et métallurgique.

Voulant couper le robinet du pétrole pour étouffer l’économie iranienne, l’administration Trump a aussi menacé les pays qui continueraient malgré tout d’échanger avec l’Iran.

«Les sociétés internationales qui poursuivent leur partenariat avec la PGPIC, ses filiales désignées et ses agents de vente seront elles-mêmes exposées aux sanctions américaines», souligne le Trésor dans son communiqué.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre Washington et Téhéran, accusé de menacer les intérêts américains au Moyen-Orient.

En mai, Washington a annoncé le déploiement de 1.500 soldats supplémentaires dans la région, après avoir dépêché plusieurs bombardiers B-52, un navire de guerre et une batterie de missiles Patriot dans le Golfe.

La semaine dernière, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo s’est toutefois dit prêt à entamer un dialogue avec Téhéran «sans conditions préalables», sans toutefois renoncer aux sanctions.