Les produits dérivés du cannabis nourrissent des attentes

Le site Internet de Santé Canada indique que «la production et la vente légales du cannabis comestible, des extraits de cannabis et du cannabis pour usage topique seront autorisées au plus tard le 17 octobre 2019».
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Le site Internet de Santé Canada indique que «la production et la vente légales du cannabis comestible, des extraits de cannabis et du cannabis pour usage topique seront autorisées au plus tard le 17 octobre 2019».

La deuxième phase de la légalisation du cannabis récréatif — qui prévoit notamment les produits comestibles, les boissons et les crèmes — pourrait donner lieu à un marché de 2,7 milliards de dollars à l’échelle pancanadienne, soit moins que la catégorie des produits combustibles.

Cette projection est l’un des éléments centraux du troisième rapport annuel produit par la firme-conseil Deloitte au sujet de l’industrie, qui pourrait en principe déployer ces nouveaux produits le 17 octobre 2019, un an jour pour jour après la première vague de légalisation.

« Les consommateurs de produits combustibles sont très différents de ceux qui s’orienteront vers le comestible », a dit en entrevue Jennifer Lee, leader nationale du secteur du cannabis chez Deloitte. « Ce sont des gens qui cherchent une façon plus subtile de consommer du cannabis. Ils veulent des produits qu’on n’a pas besoin de fumer. »

L’intention du gouvernement fédéral, au début du processus de législation, consistait à prévoir une phase « comestible » un an après la première étape de légalisation. Le site Internet de Santé Canada indique que « la production et la vente légales du cannabis comestible, des extraits de cannabis et du cannabis pour usage topique seront autorisées au plus tard le 17 octobre 2019 ».

Ottawa a proposé des règles cet hiver et a tenu une consultation de deux mois. Ainsi, le gouvernement a suggéré dans son projet de règlement que les boissons alcoolisées infusées au cannabis soient interdites.

Sondage

Pour effectuer les projections, Deloitte a mené un sondage auquel ont répondu 2000 personnes partout au Canada de manière à cibler le profil des acheteurs intéressés de même que ce qu’ils souhaiteraient.

Selon le rapport, les consommateurs potentiels auraient une préférence pour les biscuits (50 % des répondants seraient susceptibles d’en acheter), les brownies (49 %), les jujubes et le chocolat (48 %). Plus bas dans le classement figurent les caramels (32 %), les fruits séchés, les noix et le granola (25 %), et le miel, le sucre et les édulcorants (21 %).

La partie « comestible » représenterait environ 1,6 milliard du marché total de 2,7 milliards, selon Deloitte. À eux seuls, les boissons infusées se situeraient à 529 millions, suivies des crèmes (174 millions), des concentrés (140 millions), des teintures (116 millions) et des capsules (114 millions).

 
1,6 milliard
C’est la valeur, en dollars, du marché des produits comestibles au cannabis, selon Deloitte.

L’an dernier, Deloitte avait estimé qu’après la première vague de légalisation, la consommation totale de cannabis mènerait à un marché de 7 milliards au Canada, dont environ 4,3 milliards sur le marché récréatif légal.

« La taille du marché qui a été légalisé l’an dernier n’a pas crû aussi vite qu’on le croyait, mais ce n’était pas à cause de la demande des consommateurs. C’était à cause du commerce de détail et de la réglementation », a dit Mme Lee. La réglementation a besoin de s’établir de manière appropriée et « ça va être la même chose avec les produits comestibles en octobre », a-t-elle dit.