La guerre commerciale inquiète la Banque du Canada

La première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Wilkins
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne La première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Wilkins

Le Canada est pris entre deux feux dans cette guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine. La Banque du Canada s’inquiète d’une escalade des tensions dont l’impact devient difficile à mesurer.

Carolyn Wilkins, première sous-gouverneure de la Banque du Canada, a placé son allocution de jeudi devant les membres de la Chambre de commerce de Calgary sous le thème de l’investissement des entreprises. « L’investissement est extrêmement important pour la rentabilité de l’ensemble de nos activités. » Or, « la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine assombrit non seulement les perspectives de croissance de ces deux pays, mais aussi celles de tous les autres », a-t-elle déploré.

La veille, en laissant son taux directeur inchangé à 1,75 %, la banque centrale évoquait des signes de renforcement de l’économie canadienne, mais pour situer le tout dans un contexte de guerre commerciale entre les deux grandes puissances dont l’impact est difficile à mesurer. S’ajoutent les restrictions imposées par la Chine aux produits canadiens. Et l’éclatement potentiel d’un autre conflit, entre les États-Unis et l’Union européenne cette fois, avec, pour toile de fond, l’application de tarifs sur les automobiles importées d’Europe. Ainsi, le degré de détente monétaire offert par le taux directeur actuel est « approprié », avait conclu la banque.

« Nous nous attendions à un ralentissement de l’économie mondiale l’an passé », ajoute Mme Wilkins dans le texte de son discours. « Le contexte autour des échanges commerciaux a toutefois aggravé le ralentissement mondial, et cela, au-delà de ce qui était attendu. Il est à l’origine d’une dégradation de la confiance des entreprises, qui en sont venues à repousser leurs décisions d’investissement dans nombre de pays, dont le Canada. Le ralentissement de l’investissement a également pesé sur le commerce mondial, les entreprises choisissant de retarder les dépenses nécessaires à l’accroissement de leurs capacités d’exportation. »