La Caisse de dépôt redresse sa filiale immobilière Otéra

Le président-directeur général de la Caisse, Michael Sabia, a lui-même présenté les résultats de l’enquête.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président-directeur général de la Caisse, Michael Sabia, a lui-même présenté les résultats de l’enquête.

La Caisse de dépôt et placement du Québec redresse la gouvernance de sa filiale de financement hypothécaire Otéra Capital et congédie quatre personnes, dont certains hauts dirigeants, à la suite d’une enquête interne menée en profondeur.

Le rapport d’enquête a été rendu public mardi. On y confirme notamment que les gestes posés par le président de la filiale, Alfonso Graceffa, et l’économiste Edmondo Marandola n’étaient pas appropriés, pas plus que la relation d’affaires et de coeur qu’entretenait sa vice-présidente, Martine Gaudreault, avec un prêteur privé relié au crime organisé. La quatrième personne visée n’a pas été identifiée, mais la Caisse évoque un manquement « à son obligation de confidentialité au sujet d’un dossier ».

Les irrégularités constatées chez Otéra avaient été mises au jour par Le Journal de Montréal en février. Cependant, l’enquête vient rassurer la haute direction de la Caisse en affirmant « qu’aucune preuve de fraude ou de blanchiment d’argent touchant le portefeuille d’Otéra n’a été établie » et « qu’aucun élément n’a été trouvé pouvant permettre de conclure que le portefeuille d’Otéra a fait l’objet de transactions frauduleuses ».

Le rapport d’enquête note également que les manquements reprochés aux quatre personnes concernées ne sont pas reliés entre eux et que ces personnes ont agi de façon indépendante les unes des autres. De plus, malgré des liens qui posent un risque pour la réputation de l’institution, les enquêteurs n’ont relevé aucune trace d’infiltration du crime organisé dans la filiale.

Le président-directeur général de la Caisse, Michael Sabia, a lui-même présenté les résultats de l’enquête et il s’est dit rassuré par le fait que l’on n’avait trouvé « aucune mauvaise utilisation des fonds gérés par Otéra, d’aucune façon ; le portefeuille a conservé toute son intégrité ». Il a par contre reconnu les « manquements commis par quelques personnes [en particulier], des manquements éthiques importants et ça, pour moi, c’est choquant et c’est inacceptable ».

Sans surprise, la direction d’Otéra a été entièrement remaniée et les fonctions de président du conseil d’administration et de chef de la direction, autrefois occupées toutes deux par Alfonso Graceffa, ont été scindées en deux postes distincts.

L’enquête, qui a coûté 5 millions à la Caisse, a été exhaustive, impliquant 120 personnes, dont une équipe d’avocats spécialisés, des juricomptables, des experts en renseignement criminel, d’autres experts en renseignement économique spécialistes des questions de blanchiment d’argent et de fraude dans le domaine du financement immobilier et un éthicien expert en matière de gouvernance.