Lent départ pour les compagnies aériennes

Ce rythme plus lent est amplifié par un recul du rendement passager amorcé il y a un an et touchant tant les classes Premium qu’Économie.
Photo: MarKord Ce rythme plus lent est amplifié par un recul du rendement passager amorcé il y a un an et touchant tant les classes Premium qu’Économie.

Les tensions au Moyen-Orient s’invitent dans les résultats financiers des compagnies aériennes. L’industrie assiste à une érosion de sa rentabilité en ce début d’année, l’impact de la hausse du prix du carburant étant renforcé par une croissance moindre du revenu passager.

Dans ses observations de mars-avril, l’Association internationale du transport aérien (IATA en anglais) fait ressortir le fait que les cours pétroliers sont revenus plomber les résultats des compagnies aériennes.

Le prix de l’or noir était en hausse en avril, et ce, pour un cinquième mois de suite, alimenté par la montée des pressions géopolitiques au Moyen-Orient et par les sanctions de Washington contre l’Iran et ses exportations pétrolières.

Au moment d’écrire sa note, l’IATA retenait un prix du carburant touchant les 85 $US le baril, atteignant son plus haut niveau depuis novembre. Et elle s’inspirait de la valeur des contrats sur le marché boursier à terme pour évoquer une relative stabilité des cours pétroliers d’ici à la fin de 2019.

Recul du rendement passager

À partir du petit échantillon retenu, composé d’une vingtaine de jours, le début d’année indique un recul de la rentabilité des compagnies aériennes par rapport à la période correspondante de 2018, la marge bénéficiaire du premier trimestre passant de 4,1 à 3,6 %.

Ce rythme plus lent est amplifié par un recul du rendement passager amorcé il y a un an et touchant tant les classes Premium qu’Économie.

S’ajoute un ralentissement de la croissance du trafic passager mesuré en revenu passager-kilomètre, le taux annuel de 3,1 % étant la plus faible progression depuis celle comptabilisée au début de 2010.

3,6%
C’est le taux de rentabilité des transporteurs aériens au premier trimestre 2019, par rapport à 4,1 % pour la même période en 2018.

En comparaison, la capacité était en hausse de 4,2 % entre les mois de mars 2018 et 2019. Dans le tout cargo, un petit rebond de 0,1 % en mars a suivi un plongeon de 4,9 % en février.

L’effet 737 MAX

Dans sa note, l’IATA apporte une mesure de l’impact de la décision des autorités réglementaires, prise à la mi-mars, de clouer au sol les Boeing 737 MAX après deux accidents meurtriers associés à une défectuosité du système anti-décrochage MCAS.

Malgré la petitesse du poids des 350 appareils interdits de vol dans la flotte mondiale, le nombre de sièges disponibles dans l’industrie a chuté de 1,2 % en mars.

L’Association chiffre également à 399 le nombre de livraisons de nouveaux appareils après quatre mois en 2019, en forte baisse par rapport aux 455 livrés après quatre mois en 2018, et inférieur à la moyenne de 462 appareils livrés durant cette période de l’année pour les années 2013-2018.