L’agence DBRS laisse entrevoir une hausse de la cote de crédit du Québec

Lors de la publication du Rapport mensuel des opérations financières, il y a trois semaines, le ministre Eric Girard avait affirmé que son gouvernement vise toujours l’équilibre budgétaire, sans surplus.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lors de la publication du Rapport mensuel des opérations financières, il y a trois semaines, le ministre Eric Girard avait affirmé que son gouvernement vise toujours l’équilibre budgétaire, sans surplus.

Le gouvernement Legault s’est félicité lundi des commentaires de l’agence de notation DBRS, qui a fait passer la perspective du Québec de « stable » à « positive » en n’excluant pas d’augmenter sa cote à AA d’ici 2020.

Dans une longue note aux clients qui fait le point sur la situation, l’agence torontoise a souligné l’amélioration continue de l’environnement fiscal au Québec, lequel repose en partie sur des excédents budgétaires qui ont été nettement supérieurs aux attentes.

« Le profil de crédit du Québec s’est constamment amélioré au cours des dernières années, les gouvernements successifs s’engageant à régler les déséquilibres budgétaires, à réduire le poids de la dette et à améliorer le potentiel de croissance économique », a écrit DBRS. « Au moment de notre dernière analyse, nous avions indiqué que la poursuite des politiques et un environnement économique encourageant pourraient avoir des effets positifs pour la cote du Québec. La perspective “positive” reflète le fait que ces conditions ont été atteintes. »

« La décision de DBRS confirme que notre plan pour accroître le potentiel économique du Québec, maintenir l’équilibre budgétaire et réduire la dette est crédible, et elle nous incite à poursuivre le travail en ce sens », a affirmé dans un communiqué le ministre des Finances, Eric Girard.

Importants surplus

Selon le dernier Rapport mensuel des opérations financières, publié il y a trois semaines par le ministère des Finances, le gouvernement affiche un surplus de 9,1 milliards pour la période d’avril 2018 à février 2019. Après le versement de routine au Fonds des générations, ce chiffre s’établit à 6,3 milliards. Cette situation s’explique entre autres par des rentrées fiscales plus fortes que prévu. En entrevue à La Presse canadienne lors de la publication, le ministre Girard avait affirmé que son gouvernement, qui a pris un certain nombre d’engagements ayant des incidences financières, vise toujours l’équilibre budgétaire, sans surplus.

« Le Québec est dans une position enviable dans la mesure où les efforts du passé pour aborder les déséquilibres budgétaires, la forte hausse des transferts fédéraux et l’activité économique robuste procurent aujourd’hui au gouvernement une grande flexibilité pour mettre en oeuvre de nouvelles politiques sans compromettre les objectifs fiscaux à long terme », a ajouté DBRS.

Si les attentes de DBRS à l’égard de la gestion des finances publiques et de l’économie s’avéraient justes, a-t-elle ajouté, l’amélioration de la cote du Québec serait « probable » d’ici 12 mois. La cote actuelle du Québec est « A (élevée) ». Une hausse l’amènerait à « AA (faible) », soit le même niveau que l’Ontario.

L’agence Standard & Poor’s a récemment confirmé la cote de crédit du Québec (AA-) avec perspective stable, a souligné le ministère des Finances. Selon ce dernier, « les autres agences de notation (Moody’s, Fitch, JCR et CCXI) annonceront leur décision au cours des mois à venir ».