Wall Street croule sous les tensions

L’indice vedette de Wall Street, le Dow Jones, a lâché 1,1% et l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a chuté de 1,6%.
Photo: Richard Drew Associated Press L’indice vedette de Wall Street, le Dow Jones, a lâché 1,1% et l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a chuté de 1,6%.

La Bourse de New York a terminé en nette baisse jeudi, sèchement rattrapée par la montée des tensions sino-américaines, qui se cristallisent actuellement autour du géant chinois des télécoms Huawei, et son éventuel impact sur l’économie.

L’indice vedette de Wall Street, le Dow Jones, a lâché 1,1 %, à 25 490,47 points, et l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a chuté de 1,6 %, à 7628,28 points. L’indice élargi S & P 500 s’est replié de 1,2 %, à 2822,24 points. Signe de l’appétence des investisseurs pour les actifs jugés moins risqués, le taux à 10 ans de la dette des États-Unis descendait à 2,310 %, tombant à son plus bas niveau depuis fin 2017.

On s’approche peut-être d’un point d’inflexion sur la croissance américaine

 

Les investisseurs s’inquiètent de plus en plus de la montée des tensions sino-américaines, qui se cristallisent actuellement autour du géant chinois des télécoms Huawei. « Le risque est que les deux parties restent campées dans leur entêtement et que les tensions commerciales se prolongent au-delà de 2019 », a commenté Art Hogan, de la société d’investissement National. Le Fonds monétaire international a d’ailleurs lancé jeudi un sérieux avertissement aux États-Unis et à la Chine en affirmant que leur bras de fer risque de compromettre le rebond économique mondial attendu pour le second semestre 2019.

Des statistiques américaines ont conforté jeudi cette hypothèse : selon la première estimation de l’indice PMI composite du cabinet Markit, la croissance de l’activité privée a fortement ralenti en mai en s’affichant à 50,9 points, son plus bas niveau en trois ans. L’indice mesurant la production manufacturière, à 50,6 points, est même descendu à son plus bas niveau depuis 2009.

« Pour une fois, les investisseurs ne réagissent pas seulement à des tweets et au bruit ambiant sur les négociations commerciales », a commenté Gregori Volokhine, gestionnaire de portefeuille pour Meeschaert Financial Services. « Ces indices sont le premier signe qu’on s’approche peut-être d’un point d’inflexion sur la croissance américaine. »