Une vague d’abolition de postes chez Velan déplorée par la CSN

«Les compagnies établies au Québec jouissent de subventions gouvernementales et de crédits d’impôt très avantageux», a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Les compagnies établies au Québec jouissent de subventions gouvernementales et de crédits d’impôt très avantageux», a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Le premier ministre François Legault doit créer des emplois « à 25, 30 $ l’heure », comme il s’y était engagé, mais encore faut-il conserver ceux qui existent déjà, estime la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

La centrale syndicale a interpellé M. Legault, jeudi, à l’annonce d’une nouvelle vague d’abolition de postes et de la délocalisation vers l’Inde et les États-Unis des activités de l’usine montréalaise de l’entreprise Velan. Le fabricant québécois de robinetterie industrielle avait annoncé en janvier dernier une restructuration entraînant la perte nette de 130 emplois. Il a annoncé à ses travailleurs cette semaine qu’il procédera à la suppression de 65 postes supplémentaires, selon le syndicat.

D’après la CSN, les employés québécois de l’entreprise empochent un salaire horaire oscillant entre 20 $ et 32 $. Velan employait plus de 400 personnes dans ses usines montréalaises en 2015.

Prêt alloué mais jamais déboursé

Dans un communiqué, la CSN s’est dite consternée d’apprendre également que 66 % de la machinerie sera déménagée vers l’Inde à compter de juin prochain, selon les projets de la direction. La centrale syndicale rappelle qu’en 2008, Velan avait demandé un prêt sans intérêt de 6 millions de la part d’Investissement Québec afin de moderniser ses différentes unités de production à Montréal. Ce prêt a été accordé, mais jamais déboursé.

« Les compagnies établies au Québec jouissent de subventions gouvernementales et de crédits d’impôt très avantageux», a déclaré le président de la CSN, Jacques Létourneau. Nous ne pouvons accepter de voir des fleurons de l’économie québécoise quitter notre territoire. « Encore une fois, nous demandons à François Legault de convoquer les organisations patronales et syndicales afin que nous puissions soulever correctement la nécessité de responsabiliser les entreprises installées au Québec sur les enjeux de l’emploi, du développement économique et de l’essor du Québec. »

400
Velan employait plus de 400 personnes dans ses usines montréalaises en 2015.

À Québec, la porte-parole libérale en économie, Dominique Anglade, a voulu savoir ce que le gouvernement Legault entendait faire pour limiter les dégâts. « Qu’a fait le ministre exactement depuis le mois de janvier pour préserver ces emplois-là, de 30 $ et 35 $ l’heure ? » a-t-elle demandé.

Velan est « un bon citoyen québécois » qui a fait des réaménagements de son portefeuille d’entreprises en Amérique du Nord, a expliqué le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui dit bien connaître la compagnie. « Une famille qui est établie au Québec, qui est basée au Québec, qui a le Québec à coeur et qui, comme d’autres compagnies, doit de temps en temps prendre des décisions difficiles pour optimiser ses activités. Il faut accepter qu’il va y avoir de l’optimisation mondiale qui va se faire dans les entreprises, et Velan va demeurer quand même une compagnie avec un siège social québécois. »

Par ailleurs, le ministre a affirmé qu’il ne fallait pas penser que le secteur manufacturier était en danger. « Il y a eu de la création d’emplois. Le secteur manufacturier a augmenté ses exportations. Il y a beaucoup d’indications favorables à l’économie qui font qu’on n’a pas à se soucier de choses spécifiques.