Stornoway s’enfonce dans les pertes

Stornoway est l’exploitant du projet diamantifère Renard, à la Baie-James.
Photo: Stornoway Stornoway est l’exploitant du projet diamantifère Renard, à la Baie-James.

Stornoway Diamond a creusé sa perte au premier trimestre. À court de liquidités, la minière québécoise entame une révision stratégique « pour considérer toutes les options disponibles ».

Au terme du premier trimestre clos le 31 mars 2019, Stornoway a inscrit une perte nette de 48,4 millions, ou de 5 ¢ par action, contre 11 millions, ou 1 ¢ l’action, au trimestre correspondant de 2018. Sur une base ajustée, la perte des trois premiers mois de l’année atteint les 51 millions, contre 13 millions un an plus tôt. Les revenus ont légèrement fléchi, passant de 55,9 millions à 53,3 millions. Aux conditions de marché difficiles s’est ajouté l’impact d’un hiver plutôt froid sur les activités de la minière, qui a poussé les charges d’exploitation par tonne usinée au-delà des prévisions.

Le président et chef de la direction de Stornoway, Patrick Godin, a parlé d’améliorations notoires entre le quatrième trimestre de 2018 et le premier de 2019 en matière de vente, avec une augmentation de la teneur récupérée et un prix moyen en hausse. Mais dans l’ensemble, « le marché n’a pas démontré d’amélioration notable en comparaison avec le quatrième trimestre ». Aussi, « en matière d’usinage, janvier et février ont représenté un défi en raison des températures très froides ».

Stornoway se réjouit toutefois d’un taux d’usinage supérieur aux prévisions en mars et en avril, premier mois du deuxième trimestre. « Au cours du trimestre, la société a tenu deux ventes totalisant 429 506 carats de diamants, ce qui a rapporté un produit brut de 47,3 millions à un prix moyen de 83 $US le carat […] En matière de carats vendus, de produit brut et de prix moyen, ceci représente des augmentations de 38 %, de 47 % et de 8 % respectivement par rapport au quatrième trimestre de 2018 », ajoute-t-elle.

Mais cela n’est pas suffisant. Au bilan, la trésorerie et équivalents totalisaient 29,5 millions à la fin de mars. « La pression à la baisse soutenue sur les prix du diamant brut nuit à la capacité de la société de générer des flux de trésorerie disponibles positifs en 2019 », précise Stornoway. Afin de préserver ses liquidités, l’entreprise a posé une série d’actions, dont un programme de réduction des coûts de 18 à 20 millions pour l’exercice 2019. En avril, elle avait notamment cessé l’exploitation d’un gisement à ciel ouvert.

La direction est aussi « activement en discussion avec ses partenaires financiers pour sécuriser sa viabilité financière à long terme ». S’y greffe « l’initiation d’une révision stratégique pour considérer toutes les options disponibles pour la société ». Elle est également activement « en discussion avec ses partenaires financiers pour sécuriser sa viabilité financière à long terme ». Dans sa présentation aux actionnaires mardi, elle souligne que des négociations sur des scénarios possibles tels qu’une restructuration de sa dette de 327,7 millions et/ou du financement additionnel sont en cours.

Le président de la direction a reçu, en avril dernier, un vote de confiance de la part du ministre de l’économie, Pierre Fitzgibbon. Un texte de La Presse canadienne rappelait alors que l’exploitant du projet diamantifère Renard, à la Baie-James, a notamment reçu des investissements d’un demi-milliard de dollars de Québec — son plus important actionnaire — ainsi que de la Caisse de dépôt et placement du Québec.