Le ministre Boulet en campagne pour garder ou ramener les travailleurs plus âgés

Le ministre Jean Boulet
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Jean Boulet

Le ministère du Travail part en campagne auprès des travailleurs plus âgés pour les convaincre de revenir sur le marché du travail ou d’y rester, s’ils y sont et qu’ils envisagent une retraite prochaine. Il s’agit là d’un des moyens privilégiés pour résoudre les problèmes de recrutement de main-d’oeuvre dans bien des secteurs, a indiqué le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, au cours d’une conférence de presse lundi à Montréal. Dans certains secteurs, ce sont pratiquement les candidats qui passent l’employeur en entrevue pour jauger des conditions de travail qu’il offre, a illustré le ministre. « Il faut que les employeurs s’adaptent ; le rapport de forces n’est plus le même. »

Les employeurs devront donc améliorer diverses conditions pour attirer la main-d’oeuvre ou la garder, comme les horaires, les salaires et autres avantages, et faire preuve de flexibilité, a-t-il fait valoir. Avis aux entreprises qui proposent un programme de départs volontaires : « Les programmes de départs volontaires vont devenir moins intéressants pour les travailleurs » grâce à certaines mesures qui ont été adoptées par Québec, a prévenu le ministre. Il a en effet rappelé les mesures annoncées lors du dernier budget Girard et qui sont encore méconnues, comme un crédit d’impôt pour prolongation de carrière destiné au travailleur qui a été bonifié. De même, un autre crédit d’impôt, cette fois pour les PME, a été instauré afin de réduire les charges sur la masse salariale des travailleurs de 60 ans et plus.

La plus grande centrale syndicale du Québec, la FTQ, s’est réjouie des propos du ministre et de la confirmation des crédits d’impôt. Mais cela reste insuffisant à ses yeux. « Hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure devient de plus en plus important pour aider à résorber la pénurie d’emplois », a souligné son président Daniel Boyer. Pour sa part, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui représente justement des PME, a salué l’initiative ministérielle. « Avec 112 000 emplois à pourvoir dans le secteur privé, nous avons besoin d’actions concrètes et urgentes », a commenté la vice-présidente principale, Martine Hébert. Elle rapporte que près d’une PME sur deux affirme avoir perdu des ventes ou des contrats par manque d’employés.