Assemblée annuelle des actionnaires - Une année de consolidation pour Le Devoir

À tous égards, 2004 sera une année de consolidation pour Le Devoir, a soutenu son directeur, Bernard Descôteaux, à l'occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires.

«Les années se suivent mais ne se ressemblent pas nécessairement», a-t-il mentionné en faisant allusion aux résultats financiers de 2003, qui avaient montré une perte après intérêts et amortissements de plus de 480 000 $.

Toutefois, le vent a tourné au premier trimestre 2004, qui montre un bénéfice net de 43 411 $ comparativement à une perte de 174 753 $ au trimestre correspondant de 2003. Ajoutant que le deuxième trimestre est bien engagé, M. Descôteaux s'est dit confiant qu'un bénéfice net soit dégagé à la fin de l'année, et peut-être même dépassera-t-il les cibles budgétaires proposées en début d'exercice.

«Des circonstances conjoncturelles défavorables» ont prévalu en 2003, a expliqué le directeur, en particulier des dépenses supérieures aux prévisions par suite de la guerre en Irak et des élections au Québec. En outre, le nouveau gouvernement a imposé des compressions budgétaires qui ont eu un impact négatif immédiat sur les programmes de publicité des ministères; le secteur culturel a aussi été privé d'avantages fiscaux, ce qui a mené les maisons d'édition à réduire leurs publications et à manifester plus de prudence dans leurs dépenses de publicité, qui comptent pour une part importante dans les revenus du Devoir.

Pour compenser, il a donc fallu augmenter les tarifs d'abonnement et de vente en kiosque le samedi. Or, malgré ces augmentations, le tirage du journal a continué d'augmenter. En 2003, lors du semestre entre octobre 2002 et mars 2003, c'est-à-dire avant la hausse de tarifs, le tirage s'est accru de 1 % en semaine et de 3 % le samedi. La même tendance s'est maintenue entre octobre 2003 et mars 2004, soit une hausse de 1 % en semaine et de 3 % le samedi, si bien qu'au 31 mars dernier, le tirage atteignait en moyenne 26 229 exemplaires en semaine et 42 817 exemplaires le samedi.

Un contrat pour stabiliser les coûts

Par ailleurs, un contrat a été négocié en 2003 avec Les Messageries Dynamiques à la satisfaction du Devoir, ce qui permet de stabiliser les coûts, contrairement à la situation antérieure où les coûts pouvaient augmenter en fonction des ventes. Cependant, comme ce contrat doit prendre fin en juin 2005, la direction entend se préparer dès cette année en vue de procéder à un appel de propositions, ce qui intéressera sans doute Quebecor et peut-être d'autres imprimeurs. Pour Le Devoir, il s'agit d'un contrat très important puisqu'il représente près de 25 % de ses dépenses. Le contrat de distribution atteindra son échéance le 31 décembre 2006. La convention collective signée avec les journalistes l'année dernière est encore valide pour une durée de deux ans et celle signée avec les employés de bureau arrivera à échéance dans trois ans. Cette année, il reste donc à revoir certaines ententes avec quelques petits fournisseurs.

Au chapitre des revenus publicitaires en provenance du gouvernement et du secteur culturel, la situation n'est pas entièrement rétablie, mais le journal a adopté des mesures compensatoires en développant de nouveaux produits, par exemple un certain nombre de cahiers spéciaux sur l'auto, l'agroalimentaire, etc.

Enfin, le site Internet www.ledevoir.com contribue aux bénéfices, bien que ce soit encore de façon marginale. En mars dernier, il y avait 1300 abonnés électroniques et on comptait en moyenne 420 000 visiteurs uniques par mois, dont 25 % qui faisaient deux visites. Ces visiteurs consultent trois millions de pages par mois. La durée moyenne d'une session est de 26 minutes. En avril dernier, il y a eu 550 000 visites, dont environ 375 000 d'origine canadienne, Québec compris. La France arrivait au deuxième rang avec 80 000 visites et un très grand nombre de pays suivaient derrière.

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