La classe moyenne américaine ne s’est pas encore remise de la crise

Le taux de propriétaires aux États-Unis a glissé de 74%, son pic historique en 2004, à 68% ces dernières années.
Photo: Hal Bergman Getty Images Le taux de propriétaires aux États-Unis a glissé de 74%, son pic historique en 2004, à 68% ces dernières années.

Malgré l’augmentation des prix immobiliers aux États-Unis depuis la crise de 2008, le patrimoine de la classe moyenne américaine, souvent représenté par le logement, n’a pas retrouvé son niveau d’avant la récession, constatent des études de la Fed.

« Les familles à revenus moyens n’ont pas totalement récupéré la richesse perdue lors de la grande récession » de 2009, qui a suivi l’éclatement de la bulle immobilière provoqué par la crise des prêts à risque (subprimes), a relevé vendredi, dans un discours à Washington, Lael Brainard, gouverneure de la Banque centrale.

25 %
C’est la part de son revenu qu’un ménage de la classe moyenne américaine consacrait au logement, en 2018. Cette part se situait à 18 % en 2007.

Mme Brainard, seule membre démocrate du directoire de la Fed, nommée à ce poste du temps du gouvernement Obama, s’est fait l’écho de deux nouvelles enquêtes de la Fed montrant le creusement des inégalités et la dégradation des revenus de la classe moyenne.

« Le patrimoine des 10 % de foyers situés en haut de l’échelle (dernier décile) a progressé de 19 % depuis la récession », il y a dix ans, « même en prenant en compte le récent déclin des actions boursières à la fin de l’année », a-t-elle souligné. « Par contraste, la richesse des familles aux revenus moyens n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant la crise, tandis que, pour les familles à bas revenus, elle est plus faible de 16 %. »

Aux États-Unis, le fait d’être propriétaire de son logement, même en le payant encore à crédit, est une des caractéristiques de la classe moyenne. Mais la valeur nette de ces logements (hors crédit encore dû), qui avait atteint, en 2005, avant l’éclatement de la bulle, un pic moyen de 90 200 $US pour les ménages de la classe moyenne, avait fondu des deux tiers en 2011. Fin 2018, après plusieurs années de hausse des prix des logements, cette valeur nette « est encore en dessous de son niveau d’avant la récession et guère au-dessus de celui de 1989 », a déploré Mme Brainard.

Quant au taux de propriétaires, il a glissé de 74 %, son pic historique en 2004, à 68 % ces dernières années. Parallèlement, la part d’un loyer dans le revenu d’un locataire de la classe moyenne est passée de 18 % en 2007 à 25 % en 2018.