Donald Trump maintient la pression sur Pékin

Une augmentation de 10 à 25% des droits de douane supplémentaires a pris effet vendredi.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Une augmentation de 10 à 25% des droits de douane supplémentaires a pris effet vendredi.

Donald Trump a maintenu une pression maximale sur Pékin, ordonnant vendredi soir à ses services de lancer la procédure en vue d’imposer des droits de douane sur la quasi-totalité des importations en provenance de Chine, au risque de malmener la croissance mondiale et de déstabiliser les marchés financiers.

Depuis le début de la semaine, le président américain a oscillé entre signes d’apaisement et menaces envers le géant asiatique.

Il n’a pas varié vendredi à l’issue d’une séance express de négociations à Washington.

Après avoir assuré que les discussions sur le commerce avec Pékin avaient été « franches » et « constructives », il a mis à exécution la menace qu’il brandissait depuis plusieurs mois.

« Le président nous a ordonné de démarrer le processus d’augmentation des droits de douane sur quasiment tout le reste des importations de Chine, évalué à environ 300 milliards de dollars », a indiqué Robert Lighthizer, représentant américain au Commerce (USTR), dans un communiqué.

La procédure doit démarrer lundi, mais ne serait probablement pas effective avant plusieurs mois.

À présent, plus de 250 milliards de dollars d’importations en provenance du géant asiatique sont frappés par des tarifs douaniers punitifs. Et ces derniers sont passés vendredi de 10 % à 25 % pour 200 milliards de ces importations.

Cette annonce est donc davantage une façon de ne pas desserrer l’étau sur Pékin.

Mais elle pourrait aussi compromettre l’issue des négociations. Sur ce point, Donald Trump est resté vague vendredi, indiquant que les discussions allaient se poursuivre, mais à une date indéterminée.

Les discussions de vendredi ont été particulièrement brèves. Le vice-premier ministre de Chine, Liu He, qui dirigeait la délégation chinoise, a en effet quitté le lieu des négociations deux heures seulement après y être entré.

L’augmentation des droits de douane supplémentaires, appliquée depuis vendredi, porte sur une myriade de marchandises (télévisions, ameublement, automobiles, etc.).

Pékin « n’aura d’autre choix que de prendre de nécessaires mesures de représailles », a immédiatement averti le ministère chinois du Commerce.

« Dans une guerre commerciale, il n’y a que des perdants », a réagi Gregory Daco, économiste chez Oxford Economics, en écho à de nombreux économistes. Les consommateurs américains, friands des biens chinois, ne devraient pas être épargnés.

Le Fonds monétaire international (FMI) martèle depuis des mois qu’au-delà des frontières américaines et chinoises, l’onde de choc d’un conflit durable pourrait atteindre toute l’économie mondiale.

À Pékin, le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Feng, a prévenu : « La Chine ne capitulera pas face à la pression. »