Vincent Chiara convoite Transat

Le président de Groupe Mach n’a pas fermé la porte à une collaboration avec les principaux actionnaires qui souhaitent conserver leur participation dans le voyagiste.
Photo: Andrew Thomas Creative Commons Le président de Groupe Mach n’a pas fermé la porte à une collaboration avec les principaux actionnaires qui souhaitent conserver leur participation dans le voyagiste.

Pendant que le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, évalue la possibilité d’acquérir Transat A.T., un autre joueur désirant conserver le voyagiste dans sa forme actuelle a déjà soumis son offre.

Après « plusieurs mois » de discussions, le président du promoteur immobilier Groupe Mach, Vincent Chiara, avait déposé sa proposition, dans laquelle l’aide du gouvernement Legault n’est pas requise, avant même que la société mère d’Air Transat dévoile la tenue de pourparlers avec de potentiels acquéreurs, le 30 avril dernier.

En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne jeudi, l’homme d’affaires, dont l’entreprise a racheté la tour de Radio-Canada au centre-ville de Montréal, a dit vouloir conserver les activités de Transat A.T., qui, à son avis, sont complémentaires à ses ambitions. « Nous avions l’idée de bâtir un portefeuille [immobilier] dans l’hôtellerie et eux avaient une plateforme et des projets dans leurs plans de construire exactement cela, a-t-il raconté. Nous voyons une synergie dans nos approches. »

M. Chiara a fait ces commentaires quelques heures après que M. Péladeau eut confirmé, en marge de l’assemblée annuelle de Québecor, qu’il procédait, à titre personnel, à une analyse financière de la société.

Dans le cadre de son virage, Transat A.T. souhaite consacrer environ 750 millions à la mise sur pied d’un réseau d’hôtels sur les plages des destinations soleil dans l’espoir de mieux positionner l’entreprise, à compter de 2021-2022, par rapport à la concurrence accrue de rivales comme Air Canada Rouge, Vacances WestJet et Sunwing Airlines.

« Ils sont capables de remplir des chambres et avec cette capacité, on élimine beaucoup de risques pour le développement de l’hôtellerie, a expliqué M. Chiara. Notre but n’est pas de leur apprendre à gérer cette partie de l’entreprise. La synergie que l’on va amener, c’est évidemment notre capacité de promoteur dans l’immobilier. »

Pour « adultes avertis »

À Québec, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a signalé dans une mêlée de presse qu’il y avait plus que deux acquéreurs potentiels sur les rangs pour Transat A.T.. Rappelant que cette industrie était difficile, il a dit que l’aventure s’adressait à des « adultes avertis ». « Historiquement, il y a beaucoup de monde qui a eu des échecs, a lancé M. Fitzgibbon. Je ne m’attends pas à avoir 25 acheteurs. »

M. Chiara souhaite conserver Transat A.T. dans sa forme actuelle, mais il veut néanmoins fermer le capital de la société, estimant que l’on dispose de moins de flexibilité pour réaliser des projets lorsqu’on doit rendre des comptes tous les trimestres. « Quand notre plan est de bâtir un portefeuille dans l’hôtellerie et que les résultats ne s’observeront que dans deux ou trois ans, c’est difficile d’être dans la structure d’une compagnie cotée en Bourse », a-t-il dit.

Le président de Groupe Mach n’a pas fermé la porte à une collaboration avec les principaux actionnaires qui souhaitent conserver leur participation dans le voyagiste. « Certains ont manifesté la volonté de demeurer dans la compagnie même si on en ferme le capital, a dit M. Chiara. Nous avons signalé à des actionnaires que nous étions ouverts à les recevoir dans une nouvelle structure. »