TVA Sports atteindrait la rentabilité si Bell changeait ses façons de faire, selon le patron de Québecor

«Nous allons nous approcher très, très près de la rentabilité», a dit M. Péladeau lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «Nous allons nous approcher très, très près de la rentabilité», a dit M. Péladeau lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée.

TVA Sports serait aux portes de la rentabilité si Bell versait la redevance réclamée et incluait la chaîne au sein de son forfait de base, a affirmé Pierre Karl Péladeau jeudi lors de l’assemblée des actionnaires de Québecor.

L’actionnaire de contrôle de Québecor, selon lequel Bell est en conflit d’intérêts comme distributeur et propriétaire de la chaîne rivale RDS, estime que l’inclusion dans le forfait de départ que propose Bell pour son service Fibe procurerait à Québecor 150 000 clients supplémentaires.

« Nous allons nous approcher très, très près de la rentabilité », a dit M. Péladeau lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée. Parmi les autres facteurs peuvent figurer la participation des Canadiens de Montréal aux séries éliminatoires et la tenue de gros événements sportifs, a-t-il précisé. « Cela a pour conséquence une pression à la hausse sur nos tarifs publicitaires. »

« Mais clairement, le fait d’obtenir les redevances et ce que nous appelons la pénétration, au niveau de la plateforme de distribution, nous permettrait d’atteindre la rentabilité », a-t-il ajouté.

Le litige entre Bell et Québecor au sujet des redevances versées à celle-ci s’est récemment retrouvé devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), un bras de fer marqué par l’interruption du signal de TVA Sports auprès des abonnés de Bell. Le CRTC avait alors ordonné à Québecor de rétablir le signal. Québecor entend maintenant se tourner vers la Cour fédérale.

Selon Québecor, Bell est en conflit d’intérêts, car il joue à la fois le rôle de distributeur, via son service Fibe, et de diffuseur, par la propriété de RDS. « Alors que les chaînes spécialisées de TVA sont les plus regardées au Québec, Bell continue de recevoir la part du lion en obtenant 49 % du montant total des redevances pour les services de langue françaises », a dit M. Péladeau aux actionnaires. « Il est impératif que les autorités réglementaires nous donnent les moyens de rééquilibrer les tarifs de distribution de l’ensemble des chaînes spécialisées. »

Résultats financiers

Dans l’ensemble, les revenus de Québecor ont augmenté de 2,5 % à 1,03 milliard au cours du premier trimestre. Son bénéfice net attribuable aux actionnaires a atteint 189 millions, trois fois plus que les 57 millions de la même période en 2018.

La compagnie a décidé de relever son dividende de manière importante, le faisant passer de 5,5 ¢ à 11,25 ¢ par action.

Le secteur des télécommunications a généré des revenus de 841 millions (+2,7 %). Celui des médias, qui comprend TVA, les chaînes spécialisées et les journaux, a vu ses revenus reculer de 0,3 % à 172,7 millions.

Par ailleurs, M. Péladeau a dit que Québecor souhaite agrandir les installations de ses studios MELS, mais l’entreprise veut que Québec garantisse que les crédits d’impôt qui encadrent la production cinématographique et télévisuelle seront encore là dans cinq ans.

« C’est un investissement quand même majeur, 40 millions. Les gouvernements changent, mais nous, quand on fait un chèque de 40 millions, il est investi, il ne changera pas », a dit M. Péladeau.

L’environnement est « extrêmement concurrentiel » compte tenu de la présence de Vancouver et de Toronto, a-t-il dit. « C’est notre responsabilité de nous assurer que ces crédits-là vont demeurer. Et que ce n’est pas au gré des orientations budgétaires, des choix politiques, qu’ils vont disparaître. Nous ne demandons aucune subvention, aucun prêt. »

Intéressé par Transat

Pierre Karl Péladeau s’intéresse à la société Transat mais a prévenu jeudi qu’il se trouve seulement à l’étape de l’évaluation du dossier. « Pour l’instant, je le fais à titre personnel. J’ai mentionné que je fais une analyse financière et par la suite on verra. » Le Journal de Montréal a écrit jeudi matin que l’homme d’affaires Vincent Chiara, propriétaire du groupe immobilier Mach, a fait une offre (voir autre texte dans cette page). Le voyagiste et transporteur a révélé le mois dernier qu’il a récemment été visé par des manifestations d’intérêt, ce qui a fait bondir le cours de son action.