300 emplois sauvegardés chez GM à Oshawa

Le président de GM, Travis Hester (à gauche) et le président national d’Unifor, Jerry Dias, mercredi, à Toronto.
Photo: Cole Burston La Presse canadienne Le président de GM, Travis Hester (à gauche) et le président national d’Unifor, Jerry Dias, mercredi, à Toronto.

General Motors du Canada a annoncé mercredi un investissement de 170 millions dans son installation d’Oshawa, en Ontario, pour changer sa vocation et en faire une usine d’estampage, de montage partiel et d’essai de véhicules autonomes.

GM Canada et le syndicat Unifor ont précisé que cette décision permettrait de sauvegarder 300 des quelque 2600 emplois syndiqués de l’usine. Les nouvelles activités pourraient en outre croître et permettre d’embaucher un plus grand nombre de travailleurs, et ce, au fur et à mesure que l’installation attireront de nouveaux clients.

Le président du constructeur automobile, Travis Hester, a précisé que les activités d’assemblage de véhicules de l’installation d’Oshawa prendraient toujours fin d’ici la fin de l’année, comme annoncé en novembre. Toutefois, 22 hectares de l’installation seront convertis en une piste d’essai pour véhicules autonomes et autres véhicules à technologie de pointe, ce qui, selon M. Hester, contribuera à l’expansion du centre technique canadien du constructeur, situé à proximité.

« Je souhaite livrer un message fort et positif de la part de GM aux gens d’Oshawa, a-t-il affirmé. Avec notre siège social canadien, notre organisation commerciale et marketing, le centre de soutien OnStar, le centre d’ingénierie d’Oshawa et les nouvelles annonces susmentionnées, GM a l’intention d’être l’une des entreprises et des employeurs de premier plan à Oshawa pendant plusieurs décennies. »

Le président national d’Unifor, Jerry Dias, dont le syndicat a suspendu en mars une campagne médiatique contre GM en raison de la tenue de discussions productives avec le constructeur, a qualifié l’entente d’« innovatrice », même s’il admet que cette solution est loin d’être parfaite. « Ce que je sais, c’est que nous devons jouer les cartes qui se trouvent dans notre main et que nous devons tirer le meilleur parti d’une mauvaise situation », a-t-il illustré. « Je suggérerai qu’au lieu d’être mis devant une fermeture difficile en décembre cette année […], nous nous sommes entendus sur un engagement à long terme. »

M. Dias a souligné que l’accord aiderait à garder la société à Oshawa au cours de la prochaine décennie. « Même si nous n’avons pas beaucoup de travail aujourd’hui, au mois de mai, cette annonce fait en sorte que nous en aurons beaucoup plus en décembre, a-t-il affirmé. Il y en aura plus l’année prochaine. Il y en aura plus l’année suivante, alors que nous continuerons à attirer du travail. »

Dans un communiqué commun de GM Canada et d’Unifor, la société proposerait aux travailleurs touchés à Oshawa d’être réinstallés dans certaines de ses autres exploitations en Ontario. GM offrira en outre « de meilleures primes de retraite » à quelque 1300 employés admissibles à la retraite de l’usine d’assemblage d’Oshawa.

GM contre Trump

Pendant ce temps aux États-Unis, GM a annoncé mercredi être en discussion avancée pour vendre une usine américaine dont le constructeur automobile a annoncé la fermeture en novembre, décision critiquée alors par le président Donald Trump. Workhorse Group, spécialiste des utilitaires et pick-up électriques, est intéressé par ce site, basé à Lordstown dans l’Ohio, précise le premier constructeur automobile américain.

L’annonce de GM est intervenue après une série de tweets mercredi du président Trump, qui avait enjoint au groupe en mars de rouvrir « vite » cette usine ou de la vendre. « Bonne nouvelle pour l’Ohio », a tweeté M. Trump, ajoutant que GM avait décidé d’investir 700 millions dans cet État industriel et d’y créer 450 nouveaux emplois.

GM a annoncé en 2018 une cure d’austérité comprenant la suppression de 14 000 emplois et la fermeture de quatre usines aux États-Unis, dont Lordstown, et d’une usine au Canada d’ici la fin de l’année pour répondre à la baisse de la demande pour les voitures compactes (berlines et citadines) en Amérique du Nord. Mais devant les critiques, le géant de Detroit s’était engagé le 22 mars à investir 1,8 milliard supplémentaire aux États-Unis.

Ces annonces sont faites en pleines renégociations salariales avec le puissant syndicat automobile UAW.

Avec l’Agence France-Presse