Wall Street rattrapée par les tensions avec la Chine

Le Dow Jones a plongé de 1,8%, à 25 965,09 points, tandis que l’indice Nasdaq a chuté de 2%, à 7963,76 points.
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse Le Dow Jones a plongé de 1,8%, à 25 965,09 points, tandis que l’indice Nasdaq a chuté de 2%, à 7963,76 points.

La Bourse de New York s’est enfoncée dans le rouge mardi, assommée par l’annonce surprise par l’administration américaine de taxes supplémentaires sur les importations chinoises au moment où Washington et Pékin entament une nouvelle phase délicate de négociations.

Son indice vedette, le Dow Jones, a plongé de 1,8 %, à 25 965,09 points, tandis que l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a chuté de 2 %, à 7963,76 points, et l’indice élargi S & P 500 de 1,7 %, à 2884,05 points. À Toronto, l’indice composé S & P/TSX a perdu mardi 135,71 points, ou 0,8 %, pour clôturer la séance avec 16 357,75 points.

Wall Street, comme le reste des places boursières européennes et asiatiques, a été prise de court par des tweets du président américain annonçant dimanche la mise en oeuvre, dès vendredi, d’une hausse des droits de douane sur 200 milliards d’importations chinoises, alors que des émissaires de Pékin sont attendus à Washington jeudi et vendredi pour une énième session de discussions. Après un premier coup de semonce en début de séance lundi, les indices américains avaient toutefois limité la casse alors que les investisseurs interprétaient les menaces de Donald Trump comme une tactique de négociations.

Les Bourses avaient essentiellement récupéré, lundi, la vaste majorité des pertes affichées plus tôt dans la journée, après que le président américain, Donald Trump, a annoncé dans un message sur Twitter qu’il imposerait dès vendredi des droits de douane de 25 % sur 525 milliards de dollars US d’importations chinoises, incluant les tarifs de 10 % qui pèsent actuellement sur quelque 200 milliards US de produits chinois. Mais la tension a remonté quand le négociateur en chef américain, Robert Lighthizer, a confirmé lundi soir que les nouvelles sanctions prendraient effet à minuit dans la nuit de jeudi à vendredi. « La plupart des économistes et analystes qui suivent de près la Chine et les négociations commerciales estiment que cette menace va bien être mise en oeuvre et qu’elle sera vite levée une fois que les deux parties auront atteint un accord », affirme Karl Haeling de LBBW.

Mais dans l’incertitude, « les opérateurs ne veulent pas prendre de risque et retirent leur argent de la table », ajoute le spécialiste. « Que sait-on vraiment ? Est-ce une tactique de négociations de la part de Trump ? Est-ce un danger plus fondamental ? Les Chinois vont-ils chercher à riposter ? »

« Si tous ces hauts responsables n’avaient pas dit que les négociations avançaient bien, à Pékin comme à Washington, et suggéré qu’un accord était imminent, cela n’aurait pas ébranlé autant les courtiers […] qui savent très bien que ce genre de négociations prend du temps », remarque de son côté Quincy Krosby de Prudential.

Les opérateurs ne veulent pas prendre de risque et retirent leur argent de la table

Si le Nasdaq et le S & P 500 ont récemment monté à des niveaux inédits, « c’est parce que la Banque centrale américaine a décidé de faire une pause dans la remontée des taux, parce que les résultats d’entreprises sont meilleurs que prévu et parce qu’on s’attendait à la conclusion imminente d’un accord commercial », rappelle-t-elle.

Mettant en doute ce dernier élément, la soudaine volte-face de l’administration américaine a entraîné « une réaction épidermique », estime Mme Krosby. Le marché pourra toutefois se redresser facilement « s’il estime que les deux parties sont prêtes faire des concessions » pour parvenir à un accord, ajoute la spécialiste.

Sur le marché obligataire, le taux sur la dette à 10 ans des États-Unis baissait à 2,452 % contre 2,469 % lundi soir.