Hydrocarbures: les actifs de la Caisse de dépôt diminuent

La CDPQ a réduit son empreinte carbone de 10%.
Photo: David McNew Getty images / AFP La CDPQ a réduit son empreinte carbone de 10%.

Les investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans le secteur des hydrocarbures se situaient dans une fourchette de 13,3 à 14,1 milliards à la fin décembre, ce qui marque un recul par rapport à ce que des estimations faites l’an dernier avaient établi pour 2017.

Selon un document qu’a déposé l’institution à la Commission des finances la semaine dernière, ses placements dans les sociétés ouvertes atteignaient 9 milliards au 31 décembre 2018. Ceux dans les sociétés privées, énumérés seulement par des fourchettes de valeur, se trouvaient quelque part entre 4,35 et 5,13 milliards.

Produit pour répondre aux questions de l’opposition dans le cadre de l’étude des crédits, le document en question fait la recension des « investissements, directs ou indirects, dans des compagnies exploitant des hydrocarbures ou leur transport ».

Selon les mêmes calculs appliqués à un document similaire soumis l’an dernier, les placements de la Caisse dans le secteur des hydrocarbures à la fin 2017 se situaient entre 16,9 et 17,7 milliards.

Compte tenu du caractère confidentiel des placements faits au sein des sociétés privées, le service des communications de la Caisse n’a pas voulu aller au-delà de ce qui se trouve dans le document, renvoyant Le Devoir au plus récent Rapport d’investissement durable qui décrit l’évolution de sa stratégie climatique.

Des progrès

L’institution, qui gère 310 milliards pour une quarantaine de déposants dont des régimes de retraite et des caisses d’assurance, a adopté en octobre 2017 une stratégie visant à réduire son empreinte carbone de 25 % pour chaque dollar investi d’ici 2025. Après un an, la baisse était déjà de 10 %, a-t-elle indiqué il y a quelques semaines en déposant son rapport.

La Caisse veut aussi faire passer à 32 milliards ses actifs sobres en carbone d’ici 2025, un objectif à portée de main dans la mesure où ils sont désormais à 28 milliards, 10 milliards de plus qu’en 2017.

Lorsque la Caisse publie la liste de ses actifs en marge de son rapport annuel, elle se limite à décrire le nombre d’actions ou d’obligations détenues de même que leur valeur sur les marchés. Elle n’indique pas le moment des transactions qui ont pu faire varier la hauteur de ses actifs.

Le portrait de la situation que fait le porte-parole de la coalition Sortons la Caisse du carbone est légèrement différent de celui qui semble se dégager du document déposé à l’Assemblée nationale la semaine dernière. Selon Sébastien Collard, les actifs de pétrole et de gaz détenus par l’institution étaient de 15,8 milliards à la fin de 2018, en baisse par rapport à 18,4 milliards un an plus tôt. Selon lui, la Caisse a aussi 2,4 milliards dans des actifs servant à produire de l’électricité à partir du charbon.

Quand la Caisse a publié son Rapport d’investissement durable 2018, en mars, la coalition, à laquelle participent notamment la Fondation David Suzuki et Greenpeace, a reconnu les progrès du gestionnaire tout en espérant que celui-ci aille plus loin. Entre autres, avait-elle affirmé, « 4 % de son portefeuille est investi dans la production d’électricité et génère 48 % des émissions ».

L’idée de décarboniser les portefeuilles d’investissement a commencé à prendre du galon il y a quelques années, parallèlement à une préoccupation voulant que le secteur des énergies fossiles devienne de plus en plus risqué. Aux États-Unis, une coalition d’investisseurs gérant des actifs de 1800 milliards a récemment demandé aux 20 plus grands producteurs d’électricité cotés en Bourse de s’engager d’ici six mois à devenir carboneutres.