L’idée d’investir directement dans la Caisse de dépôt fait du chemin

Créée dans les années 1960, la Caisse n’est pas présentement «structurée» de manière à accepter les placements individuels, a dit son président, Michael Sabia.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Créée dans les années 1960, la Caisse n’est pas présentement «structurée» de manière à accepter les placements individuels, a dit son président, Michael Sabia.

L’idée de permettre aux épargnants québécois de confier leur argent directement à la Caisse de dépôt et placement mérite une réflexion « sérieuse », a convenu son président jeudi lors d’un passage à l’Assemblée nationale.

Créée dans les années 1960, la Caisse n’est pas présentement « structurée » de manière à accepter les placements individuels, a dit Michael Sabia, dont l’institution gère les fonds d’une quarantaine de régimes de retraite et de caisses d’assurance, lors de l’étude de crédits à la Commission des finances publiques.

Je pense que [la] question mérite une réflexion sérieuse

 

« Ceci étant dit, je pense que ce n’est peut-être pas nécessairement apprécié de manière suffisante, mais pour une nation de huit millions de personnes comme le Québec, [le fait] d’avoir accès à une institution de cette envergure et de cette expertise — dont je m’exclus moi-même, mais vous avez vu cette expertise de mes collègues cet après-midi —, c’est quelque chose. Vous avez une institution hautement respectée mondialement, avec une expertise très solide », a dit M. Sabia, qui quittera la Caisse au printemps 2021 à la fin de son mandat.

« Dans l’avenir, ce n’est pas quelque chose, probablement, qu’on puisse faire immédiatement. Mais est-ce que la Caisse et un gouvernement devraient réfléchir à votre question ? Je pense que votre question mérite une réflexion sérieuse », a-t-il dit en réponse à une question de l’ex-ministre des Finances Carlos Leitão.

L’idée a circulé de temps à autre depuis quelques années, notamment en 2017 quand le député Nicolas Marceau, lui aussi ex-ministre des Finances, évoquait la création de fonds accessibles au grand public pour lui permettre de profiter des rendements de la Caisse.

Le gouvernement n’a pas reçu de demande formelle pour étudier cette question, a dit jeudi soir l’actuel ministre des Finances, Eric Girard. « On n’a pas travaillé sur cette hypothèse, alors je ne serais ni contre ni pour. Mais si les investisseurs québécois exprimaient cet intérêt et que c’est faisable sur le plan opérationnel […], c’est une chose qu’on peut certainement regarder. »