Le taux de chômage tombe à 3,6% aux États-Unis

Les créations d’emplois ont de nouveau été très soutenues à 263 000, dépassant largement les attentes des analystes.
Photo: Ted S. Warren Associated Press Les créations d’emplois ont de nouveau été très soutenues à 263 000, dépassant largement les attentes des analystes.

Pour la première fois depuis presque cinquante ans, le taux de chômage aux États-Unis est tombé à 3,6 % en avril, reculant de deux dixièmes de points par rapport à mars.

Les créations d’emplois ont de nouveau été très soutenues, à 263 000, dépassant largement les attentes des analystes, qui étaient de 200 000, selon les chiffres officiels de l’emploi publiés par le département du Travail vendredi. Ce plus faible taux de chômage depuis décembre 1969, où il était à 3,5 %, reflète de solides embauches dans de nombreux secteurs, allant des services professionnels aux entreprises au bâtiment en passant par la santé ou l’assistance sociale.

Un léger recul pour le deuxième mois d’affilée du taux de participation au marché du travail, qui est passé de 63 % en mars à 62,8 % en avril, a un peu aidé à faire baisser le taux de sans-emploi. Le nombre de chômeurs a fléchi de 387 000 pour atteindre 5,8 millions, tandis que les travailleurs ne trouvant qu’un emploi à temps partiel restent nombreux à 4,7 millions.

La rémunération horaire moyenne a augmenté de 6 ¢, installant la hausse sur un an à 3,2 %, ce qui est significativement au-dessus de l’inflation. Celle-ci s’est inscrite à 1,5 % en mars sur an, selon l’indice PCE.

Disparités

Ces chiffres masquent toutefois des disparités et des points noirs qui persistent depuis la grande récession de 2009. Même si le taux de chômage des minorités se situe autour de leur plus faible niveau depuis que le ministère du Travail tient ce type de statistiques en 1973, les représentants des communautés afro-américaines et hispaniques ont toujours aujourd’hui plus de difficulté à trouver du travail que les Blancs.

Les salaires américains commencent à augmenter régulièrement parce qu’il est de plus en plus difficile pour les employeurs de pourvoir des postes et de trouver des employés qualifiés. Mais, à 3,2 % sur un an, la hausse du salaire horaire moyen en avril (27,7 $US l’heure) reste modeste, notamment si l’on tient compte de l’inflation, elle aussi pourtant très modérée.

Curieusement, les emplois à temps partiel, faute de trouver mieux, restent à un niveau élevé et supérieur à leur niveau d’avant la récession de 2009. En avril, il y avait encore 4,7 millions de travailleurs qui ne trouvaient pas d’emploi à temps plein ; soit que les entreprises proposent seulement des emplois à temps partiel, soit que ces travailleurs ne parviennent pas à décrocher un poste de 35 heures par semaine. Ces travailleurs à temps partiel ne sont qu’un million de moins que ceux qui pointent au chômage (5,8 millions).

Cela contraint de nombreux Américains, surtout dans les postes à bas salaires, à cumuler deux, parfois trois emplois pour obtenir une rémunération assurant des conditions d’existence convenables. Cela permet aussi aux entreprises d’éviter de fournir une assurance maladie à ces employés.