SNC-Lavalin poursuit le contrôle des coûts

«Nous sommes conscients que l’année 2019 aurait pu démarrer plus en douceur», a dit aux actionnaires le président de SNC-Lavalin, Neil Bruce.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «Nous sommes conscients que l’année 2019 aurait pu démarrer plus en douceur», a dit aux actionnaires le président de SNC-Lavalin, Neil Bruce.

Pour améliorer ses rendements, SNC-Lavalin a décidé de réduire son empreinte dans une quinzaine de pays où la rentabilité de ses activités n’est pas au rendez-vous, a indiqué la firme de génie-conseil jeudi en dévoilant ses résultats le jour de son assemblée annuelle.

SNC-Lavalin, qui fait face à un éventuel procès criminel pour des événements survenus en Libye entre 2001 et 2011, a enregistré une perte nette de 1,3 million au cours du premier trimestre comparativement à un profit de 78 millions l’an dernier.

L’action de l’entreprise a chuté de 13 % à 28,97 $ à la Bourse de Toronto, où elle a perdu plus de 40 % depuis un an. Du coup, elle tourne autour d’un niveau qu’elle affichait il y a une dizaine d’années.

Pour ajouter au dossier judiciaire, les derniers mois ont notamment été marqués par un problème au Chili, où la société d’État Codelco, spécialisée dans l’exploitation cuprifère, a résilié un important contrat avec SNC-Lavalin en invoquant des lacunes d’exécution.

« Nous sommes conscients que l’année 2019 aurait pu démarrer plus en douceur, a dit aux actionnaires le président de SNC-Lavalin, Neil Bruce. En plus des défis opérationnels que nous devons relever, nous avons toutes et tous subi les profondes répercussions du débat politique très médiatisé faisant référence à notre situation qui a continuellement fait les manchettes au Canada. »

SNC-Lavalin a récemment pris des mesures pour rehausser la surveillance des projets et a fait passer de sept à quatre les secteurs d’activité qui composent sa structure, a rappelé M. Bruce. Cela a eu pour effet de regrouper sous le parapluie « Ressources » tout ce qui concerne le pétrole, le gaz, les mines et les métaux. Les autres secteurs sont Ingénierie, conception et gestion de projet (ICGP), Infrastructures et Énergie nucléaire.

La compagnie a enregistré des revenus de 2,36 milliards au cours des trois premiers mois de 2019, en baisse par rapport à 2,43 milliards l’an dernier. Son carnet de commandes se situe à 15,8 milliards, comparativement à 13,5 milliards.

Procédures en cours

Le p.-d.g. de l’entreprise a profité de sa tribune à l’assemblée des actionnaires pour revenir sur les procédures judiciaires en cours en affirmant que celles-ci portent sur des choses qui remontent à de « sept à vingt ans » dans le passé. « Nous sommes une entreprise très différente de celle de 2012 », a-t-il dit en faisant référence au resserrement de la gouvernance et des mesures de conformité mises en place après l’éclatement du scandale.

« Du point de vue des employés, les quelques derniers mois ont été incroyablement injustes », a dit M. Bruce en conférence de presse à l’issue de l’assemblée. Les événements du passé sont « dépeints comme s’ils avaient eu lieu le mois dernier, c’est démoralisant pour les employés ».

SNC-Lavalin croit avoir perdu des contrats d’une valeur de 5 à 6 milliards au fil du temps, a dit M. Bruce, nommé président et chef de la direction en octobre 2015. Les concurrents y sont pour quelque chose, a-t-il précisé en affirmant que la raison pour laquelle SNC-Lavalin aurait préféré un accord de réparation plutôt qu’un procès, c’est le facteur temps.

« Ça fait sept ans, et nous sommes encore en train de nous défendre contre des concurrents internationaux, notamment aux États-Unis et en Europe, qui continuent d’utiliser ça, même si nous n’avons pas été reconnus coupables, pour essayer de convaincre les clients que nous sommes trop risqués, a dit M. Bruce. C’est l’enjeu qui n’est pas entièrement compris, je pense. »

Invité à dire pour combien de temps SNC-Lavalin devra composer avec les procédures judiciaires, le patron de l’entreprise a dit : « Deux, trois ans ? Je ne suis pas certain. Le processus judiciaire est assez lent. »