Il ne devrait pas y avoir d’autres dépassements de coûts, dit Nemaska Lithium

Le titre de l’entreprise a bondi à la Bourse de Toronto.
Photo: Nemaska Lithium Le titre de l’entreprise a bondi à la Bourse de Toronto.

Nemaska Lithium, dont le plus important actionnaire est l’État québécois, affirme qu’un avis externe confirme que les dépassements de coûts de son projet de mine et d’usine de transformation de lithium, estimés à 375 millions, ne devraient pas croître davantage.

Annoncée lundi, cette nouvelle a fait grimper le titre de l’entreprise à la Bourse de Toronto, qui a clôturé à 28,5 ¢, en hausse de 5,6 % ou 1,5 ¢. Cela demeure loin du sommet de 2,35 $ atteint en 2017.

Nemaska Lithium, qui estimait avoir besoin de 375 millions de plus pour réaliser ses ambitions, affirme que l’évaluation externe menée par la firme d’ingénierie canadienne BBA, dont les services ont été retenus, valide cette prévision. « La décision de faire appel à une entreprise tierce pour auditer notre réévaluation interne des coûts constitue la première d’une longue liste de mesures visant à rendre plus prudente notre gestion des travaux de construction », a indiqué le président et chef de la direction de la compagnie, Guy Bourassa.

Depuis la fin mars, l’entreprise, qui souhaite produire du lithium destiné au marché des piles de voitures électriques, évalue des options pour récolter des fonds, soit par l’entremise d’une émission d’actions ou par sa fusion avec une autre société. Nemaska Lithium est dans la tourmente après avoir annoncé, en février, d’importants dépassements de coûts afin de terminer la commercialisation de la mine de Whabouchi — à quelque 300 kilomètres au nord de Chibougamau —, ainsi que son usine électrochimique de Shawinigan, un projet initialement estimé à 1,1 milliard.

D’ici à ce qu’elle récolte de nouveaux fonds, l’entreprise a décidé d’interrompre la construction de son usine de Shawinigan. « Notre regard se porte fermement sur l’avenir afin de terminer la construction et de démarrer la production commerciale dès que possible », a estimé M. Bourassa.

Ces problèmes rencontrés par Nemaska Lithium risquent d’avoir des conséquences pour Québec, qui a injecté 130 millions dans l’aventure, dont 80 millions dans le capital-actions de la société par l’entremise du fonds Capital Mines Hydrocarbures. De plus, Ressources Québec a souscrit 50 millions en obligations. Cette filiale d’Investissement Québec est le plus important actionnaire de la compagnie, avec une participation d’environ 13 %.

Annoncé en mai 2018, le projet visait à transformer du minerai de spodumène extrait de la mine Whabouchi en sels de lithium à valeur ajoutée, pour ensuite le vendre à des fabricants de matériaux de cathodes destinés aux piles rechargeables au lithium ion pour véhicules électriques.