Encore du chemin à faire pour signer un contrat avec New York, dit Hydro-Québec

Le p.-d.g. d'Hydro-Québec, Éric Martel, a affirmé qu’il est encore trop tôt pour évoquer la construction d’un nouveau barrage, même si l’idée d’exporter du courant vers la métropole américaine contribue à la réflexion. 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le p.-d.g. d'Hydro-Québec, Éric Martel, a affirmé qu’il est encore trop tôt pour évoquer la construction d’un nouveau barrage, même si l’idée d’exporter du courant vers la métropole américaine contribue à la réflexion. 

Il reste « beaucoup de travail à faire » pour qu’Hydro-Québec puisse décrocher un contrat afin d’exporter son électricité vers New York, a prévenu son p.-d.g. vendredi, en ajoutant que divers facteurs pourraient jouer sur le résultat, notamment le prix et l’appétit potentiel des autres États.

Aux prises avec des surplus d’électricité que la société d’État cherche par tous les moyens à écouler, Éric Martel a affirmé vendredi qu’il est encore trop tôt pour évoquer la construction d’un nouveau barrage même si l’idée d’exporter du courant vers la métropole américaine contribue à la réflexion. Hydro-Québec a déjà dit qu’une décision est prévue vers 2021-2022.

« Parler de nouveaux barrages, d’additions, c’est un peu prématuré. C’est sûr que ça [l’idée d’un contrat avec New York] nous amène plus vers là », a dit M. Martel lors d’un point de presse en marge d’un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il faudrait d’abord commencer par signer le contrat, a-t-il mentionné. « Ensuite, il faudrait voir ce qui arrive avec la demande au Québec. »

Afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, le maire de New York, Bill de Blasio, a affirmé lundi qu’il veut une entente faisant en sorte que la totalité de l’énergie des infrastructures publiques, d’ici cinq ans, provienne de sources renouvelables. M. de Blasio a nommé le Québec à plusieurs reprises en précisant que le recours à Hydro-Québec « aurait pu être fait il y a longtemps » et que « ça va enfin se réaliser ».

Si jamais ce désir se matérialisait sous forme de contrat en bonne et due forme, l’entente marquerait un deuxième gros canal d’exportation en peu de temps pour Hydro-Québec. La société a décroché l’an dernier un contrat consistant à acheminer, dès 2022, 9,45 térawattheures au Massachusetts pendant 20 ans, ce qui pourrait représenter des revenus de 10 milliards.

Quant au souhait de New York, il ne semble pas en voie de se traduire par un appel d’offres, selon M. Martel. « C’est ce qu’on comprend pour l’instant, mais ça va être plus une négociation sur un mode de gré à gré. On va voir avec eux. On reprend les discussions bientôt. »

Invité à énumérer des facteurs qui pourraient empêcher la conclusion d’un accord, M. Martel a dit : « Qu’on ne s’entende pas sur le prix, qu’il y ait des enjeux autres que ça et, je dois vous dire aussi, il y a peut-être d’autres États qui pourraient être intéressés. On a un produit extraordinaire, et nos voisins américains commencent à le réaliser. » Le p.-d.g. d’Hydro-Québec faisait ainsi référence à des surplus que la société tente d’écouler mais qui, compte tenu des capacités de production, ne sont pas non plus infinis.

Les exportations nettes d’Hydro-Québec ont atteint 36,1 TWh l’an dernier, un record, générant 17 % des revenus mais 23 % du bénéfice net. De ces 36,1 TWh, 47 % ont été achetés par la Nouvelle-Angleterre, 24 % par l’État de New York et 19 % par l’Ontario.

« Avec deux gros contrats comme ça [celui du Massachusetts décroché l’an dernier et New York], on pourrait en faire un autre plus petit, je l’ai déjà dit publiquement. Et une fois cela fait, on pourrait dire : on a [écoulé] nos surplus », a dit M. Martel.

Changements climatiques

Les événements climatiques extrêmes qui se succèdent depuis quelques années ont déclenché chez Hydro-Québec une réflexion sur l’état de l’équipement dans un nouveau paradigme : le verglas des dernières semaines, la tornade à Gatineau à l’automne, la tempête aux Îles-de-la-Madeleine en novembre et les présentes inondations.

« On a des équipes de recherche qui se posent des questions, entre autres sur le verglas. Je pense à nos météorologues. Est-ce qu’on va avoir plus de précipitations, moins de précipitations, et si oui, à quel endroit ? Il y a des études en cours. Doit-on rendre nos équipements plus robustes, pour pouvoir absorber plus de verglas ? »

Le réseau de transport a été renforcé de façon importante après le verglas de 1998, a quand même précisé M. Martel. Mais sur le plan de la distribution, Hydro-Québec a augmenté ses budgets de coupe de végétation, car celle-ci pousse plus vite aujourd’hui qu’il y a 20 ans.