États-Unis: démarrage sur les chapeaux de roues de la croissance

C’est notamment le commerce qui a propulsé la croissance économique américaine.
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse C’est notamment le commerce qui a propulsé la croissance économique américaine.

La croissance de l’économie américaine a démarré l’année sur les chapeaux de roues, dépassant largement les projections des analystes pour le premier trimestre, notamment grâce au commerce. Selon une première estimation du département du Commerce publiée vendredi, l’expansion de la première économie mondiale s’est établie à 3,2 % en rythme annuel de janvier à mars, alors que les analystes misaient sur 1,9 % après 2,2 % au quatrième trimestre.

Le président Donald Trump a loué ce chiffre « incroyable » depuis la base militaire d’Andrews, proche de Washington, avant de s’envoler pour l’Indiana. « Nous avons une fantastique croissance et une inflation très, très basse. Notre économie se porte très bien », a-t-il ajouté.

Le ministère a en outre indiqué que la croissance aurait pu être supérieure de 0,3 point de pourcentage sans les séquelles de la fermeture des services administratifs (« shutdown ») survenue à la fin de l’année dernière avec le bras de fer entre la Maison-Blanche et les démocrates sur le financement d’un mur anti-immigration.

C’est l’amélioration de la balance commerciale, alors que le gouvernement de Donald Trump est en plein bras de fer avec la Chine, qui a notamment tiré cette expansion du PIB des États-Unis ainsi que d’importants investissements dans les stocks. Sur le trimestre, les exportations ont progressé de 3,7 % et les importations, qui représentent un coût pour le PIB, ont diminué d’autant, permettant aux échanges commerciaux de contribuer pour plus d’un point à la croissance.

Nous avons une fantastique croissance et une inflation très, très basse. Notre économie se porte très bien.

Sinon, de janvier à mars, les investissements des entreprises ont progressé de 2,7 %, plus faiblement qu’au trimestre précédent. Les investissements dans les stocks ont aussi largement contribué à la croissance (0,65 point), un facteur à double tranchant cependant, car les stocks qu’ont emmagasinés les entreprises pendant ce trimestre seront autant de marchandises qui ne seront pas produites dans les mois qui viennent. Le marché immobilier, lui, est toujours en berne, perdant 2,8 % après déjà quatre trimestres dans le rouge.
 

Ainsi, les analystes de MacroEconomics Advisers ont confirmé leurs projections d’un ralentissement de la croissance au deuxième trimestre à 1,8 %. D’autres ont aussi signalé qu’au premier trimestre, le chiffre des « ventes finales intérieures », qui exclut les stocks et les exportations, montre une croissance de 1,4 % seulement, « la plus faible en plus de trois ans », notait Paul Ashworth, de Capital Economics.

Ce chiffre va en revanche faire réfléchir la banque centrale américaine (Fed), qui tient une réunion monétaire mercredi et qui a instauré une pause provisoire dans les hausses des taux d’intérêt, s’attendant à un ralentissement de l’expansion américaine doublé d’une faible inflation. Elle attend aussi lundi le chiffre de l’inflation pour avril, qui jusqu’ici manque toujours d’atteindre la cible idéale de 2 % annuels. Comme l’a résumé Ian Shepherdson, économiste en chef de Pantheon Macroeconomics, « si l’économie continue sur cette lancée au deuxième trimestre, la Fed va connaître un été difficile ».