Bombardier réduit ses prévisions financières pour 2019

La division Transport comprend la fabrication de matériel roulant et se trouve au cœur de la stratégie à long terme de l’entreprise, tout comme la division Avions d’affaires.
Photo: François Lo Presti Agence France-Presse La division Transport comprend la fabrication de matériel roulant et se trouve au cœur de la stratégie à long terme de l’entreprise, tout comme la division Avions d’affaires.

Une révision du niveau d’activité dans sa division Transport, aux prises avec quelques projets « difficiles », force Bombardier à corriger ses prévisions financières pour l’année 2019, ce qui a entraîné jeudi une chute de 15 % du cours de son action.

L’annonce du fabricant, qui survient à une semaine de l’assemblée de ses actionnaires, revient aussi sur les prévisions du premier trimestre en raison d’une livraison d’avions plus faible que prévu, situation qui devrait toutefois se résorber plus tard au cours de l’année.

Entre autres, les revenus généraux pour l’année 2019 devraient atteindre 17 milliards $US, comparativement à une prévision initiale de 18 milliards. Quant au bénéfice ajusté, il a aussi été réduit et devrait s’établir dans une fourchette entre 1 et 1,15 milliard $US.

Conséquence : le titre a ouvert la séance en forte baisse et a terminé la journée sur une perte de 44 ¢ à 2,48 $. Celui-ci a cédé plus de 50 % de sa valeur depuis le début du mois de juillet, lorsqu’il s’approchait de 5,50 $.

L’assemblée des actionnaires est prévue le 2 mai dans le Vieux-Port de Montréal et sera dirigée par le président du conseil d’administration, Pierre Beaudoin.

15%
C’est la baisse du cours de l’action de Bombardier aujourd’hui.

« Nous prévoyons de retrouver notre élan et de respecter les objectifs de livraison d’avions et de performance financière de nos activités aéronautiques pour l’exercice », a indiqué le président de Bombardier, Alain Bellemare.

Accélérer le rythme

Si l’entreprise ajuste les prévisions de la division Transport, a dit M. Bellemare, c’est pour « tenir compte à la fois des modifications apportées à l’accélération de sa cadence de production et des pressions sur les coûts exercées par quelques projets existants difficiles », au moment même où Bombardier poursuit le redressement entamé en 2015 sous sa gouverne. Certaines difficultés de l’entreprise ont été largement médiatisées depuis quelques mois, notamment à Toronto, à New York et en Suisse. La division a changé de patron en février.

Un objectif clé du redressement de Bombardier consiste à atteindre un flux de trésorerie disponible de 750 millions en 2020. (Le flux de trésorerie compare l’argent qui entre dans les coffres à l’argent qui sort. Le flux de trésorerie disponible, lui, tient aussi compte des sommes consacrées aux dépenses en immobilisations.) Pour 2019, la prévision à ce chapitre demeure intacte et table sur un flux de trésorerie disponible se situant au point d’équilibre, plus ou moins 250 millions $US.

« Nous croyons que les investisseurs vont s’interroger sur les prévisions de flux de trésorerie disponible pour 2019, de même que sur les prévisions générales pour 2020 », a écrit l’analyste Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins, dans une note aux clients.

La division Transport comprend la fabrication de matériel roulant et se trouve au coeur de la stratégie à long terme de l’entreprise, tout comme la division Avions d’affaires. La division Avions commerciaux, de son côté, ne comprendra plus que le programme d’appareils CRJ, qui a fait la gloire de Bombardier dans les années 1990, car le programme d’avions Q400 a été vendu à Viking Air, une société de l’Ouest canadien. Cette transaction sera conclue d’ici la fin du deuxième semestre de 2019.

Bombardier a vendu quatre avions commerciaux au cours des trois premiers mois de 2019, a-t-elle indiqué jeudi. Un de ces appareils est un biturbopropulseur Q400 alors que les trois autres sont des CRJ, dont le programme fait l’objet d’une profonde réflexion stratégique au sein de la haute direction. Environ 1000 employés travaillent dans ce programme.

Alain Bellemare a déjà affirmé, et même répété la semaine dernière dans une entrevue avec Canadian Press, que l’avenir du programme CRJ, basé à Mirabel, est lié notamment à la capacité de l’entreprise à décrocher des commandes. « Nous essayons de maintenir cette ligne de produits car il n’y a que deux concurrents dans ce marché, a-t-il dit. Mais ça va dépendre des efforts visant à remplir le carnet de commandes. »